Sandrine Roustan, directrice générale du pôle Contenus de la RTBF depuis 2021, est l'une des cinq candidates au poste d'administratrice générale de la Radio-télévision belge de la Communauté française. Le nom de l'heureux élu ou de l'heureuse élue sera annoncé en septembre. Originaire de Cannes, où elle est née et où elle conserve de nombreux liens, elle pourrait ainsi prendre la tête du premier média francophone de Belgique.
Un parcours télévisuel riche, de Canal+ à la Chine
Passée par Canal+, France 4, Endemol et M6, Sandrine Roustan a construit une carrière marquée par des expériences variées. Après un DESS de droit et administration de la communication audiovisuelle, une formation rare dans les années 1990, elle rencontre Alain De Greef, emblématique directeur des programmes de Canal+. Elle propose alors une émission parlant de la télévision, une idée qui aboutit à « Télés Dimanche » avec Michel Denisot, où elle travaille comme documentaliste pendant six ans. Elle collabore ensuite avec Stéphane Courbit et Arthur sur le projet « Les Enfants de la télé », qui révolutionne le paysage audiovisuel français.
Au début des années 2000, elle rejoint M6 et Endemol, où elle se lie d'amitié avec Alexia Laroche-Joubert en pleine période « Loft Story ». Elle dirige ensuite France 4, une première expérience intense avec des responsabilités, avant de partir en Chine pour suivre son mari. Là-bas, elle observe la télévision chinoise, déjà « plateformisée » en 2014, et intègre le service international de Shanghai Media Group, une entreprise s'appuyant sur 300 millions de clients potentiels. Elle participe notamment au MIPCOM à Cannes avec une délégation de 150 à 200 personnes, une expérience qu'elle qualifie de formatrice.
Un retour en Europe et une candidature à la RTBF
En 2020, bloquée en Chine à cause de la pandémie de Covid-19, Sandrine Roustan décide de revenir en Europe et postule à la direction de France Télévisions. Delphine Ernotte est réélue, mais sa candidature attire l'attention de la RTBF, qui suit ses idées et son parcours. Depuis cinq ans, elle occupe le poste de directrice générale des contenus, où elle a œuvré pour la mise en place d'un nouvel outil global de production, avec un déménagement dans un nouveau bâtiment.
La RTBF, qui regroupe quatre chaînes de télévision, cinq radios et une capacité de production interne, voit certains de ses programmes débarquer en France grâce aux réseaux sociaux, comme « Le Grand Cactus ». Sandrine Roustan explique que la marque de fabrique de la RTBF est de lancer des jeunes pousses dans tous les domaines, ce qui explique la présence de nombreux Belges à l'antenne en France, souvent recrutés par les chaînes françaises avec des salaires plus importants. Elle souligne que la Belgique est un petit marché de 5 à 6 millions de téléspectateurs, et que le droit à l'erreur y est plus tolérant qu'en France.
Des racines cannoises assumées
Sandrine Roustan, qui n'a vécu à Cannes que jusqu'à l'âge de 6 ans, y revient chaque été. Elle évoque avec émotion ses souvenirs : l'appartement des grands-parents à l'angle du boulevard de la République et du boulevard Carnot, le marché Forville, le tunnel de la gare pour aller à la plage, la navette vers les îles de Lérins, les glaces à l'italienne sur la Croisette, et la rue d'Antibes, où la sœur de son grand-père tenait la plus grande pâtisserie de l'époque. « Je viendrai m'y installer à la retraite », confie-t-elle, tout en restant concentrée sur sa candidature à la RTBF.
Elle conclut : « Je suis fière d'être Cannoise. En Belgique, ça en jette. » Une déclaration qui illustre son attachement à sa ville natale, alors que le nom du futur administrateur général ou de la future administratrice générale de la RTBF sera dévoilé en septembre.



