Dernière mobilisation des salariés d'Alinéa à Pérols face à la liquidation imminente
Salariés d'Alinéa en colère face à la liquidation du magasin

Dernier sursaut des employés d'Alinéa à Pérols

Ce 14 février matin, les trente-neuf salariés du magasin Alinéa de Pérols ont organisé une ultime manifestation, exprimant à la fois leur tristesse et leur colère face à la fermeture imminente de leur enseigne. Souvent encouragés par les automobilistes passant devant le site, ces employés ont bravé le froid pour protester contre une situation qu'ils jugent injuste et évitable.

Une liquidation judiciaire qui ne fait plus de doute

La prochaine liquidation judiciaire d'Alinéa ne fait désormais guère de doute selon les informations disponibles. Le repreneur le plus en vue, un groupe roumain, a finalement jeté l'éponge jeudi dernier, scellant le sort de l'enseigne et de ses 1 172 salariés à travers l'Hexagone. Cette annonce a plongé les équipes dans un profond désarroi, même si certains anticipaient une conjoncture délicate depuis plusieurs mois.

Le groupe Mulliez accusé de faire la sourde oreille

La situation est d'autant plus complexe que le propriétaire d'Alinéa, le tentaculaire groupe nordiste Mulliez, fait la sourde oreille aux revendications des salariés. "Les négociations avec les syndicats ne mènent à rien !", peste Aurélie Tavernier, la secrétaire départementale commerce de Force Ouvrière. Elle précise que les employés bénéficieront uniquement des indemnités classiques, sans qu'aucune proposition de reclassement ou de repositionnement dans d'autres enseignes du groupe ne soit envisagée.

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Les conséquences de mauvaises décisions stratégiques

Nadia Servières, gestionnaire des ressources humaines du site de la rue Bir-Hakeim à Pérols, analyse avec amertume les raisons de cette débâcle. "Aujourd'hui nous sommes en colère et, en même temps, tristes. Car nous payons les conséquences de mauvaises décisions stratégiques que l'on avait signalées à l'époque", explique-t-elle. Elle pointe notamment la fusion avec Zodio, une marque positionnée sur le culinaire, comme le point de départ de la dégringolade. "À partir de ce moment, on a dégringolé. Car nous n'étions pas capables de supporter la faiblesse d'une autre marque".

La triste ironie d'une prime sur objectif

Alors que le magasin doit vider son stock, probablement à partir de la semaine prochaine avec des réductions de l'ordre de 30%, les salariés ont appris qu'ils bénéficieraient d'une prime sur objectif pour accélérer les ventes. Une mesure qui sonne comme un cynique ultime affront pour des employés qui voient leur emploi disparaître. "C'est une marque à laquelle on était attaché... On avait développé des valeurs... Ici, à Montpellier, Alinéa faisait partie des meilleurs magasins en matière de rentabilité", regrette Nadia Servières.

La fin d'une aventure de vingt-six ans

Pour Nadia Servières, cette liquidation marque la fin de vingt-six années de service au sein de l'entreprise. "'Il' nous a mis la tête sous l'eau, maintenant on va mourir... Juridiquement, l'aventure s'arrête là", conclut-elle avec une émotion palpable. Les trente-neuf salariés de Pérols, comme leurs 1 133 collègues à travers la France, se retrouvent aujourd'hui sans solution, face à un avenir professionnel incertain malgré leurs années de dévouement à l'enseigne.

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