Saint-Tropez transforme sa Semagest en société publique locale
Saint-Tropez : la Semagest devient une SPL

La commune de Saint-Tropez a annoncé, lors de son dernier conseil municipal, la transformation de la société d'économie mixte pour l'aménagement de Saint-Tropez (Semagest) en société publique locale (SPL). Cette mutation, qui associera la commune voisine de Ramatuelle, vise à fluidifier les relations entre la municipalité et l'organisme, afin de pouvoir lui confier, sans procédure de mise en concurrence, des missions relevant de son objet spécial. La maire, Sylvie Siri, a précisé que cette évolution permettra de maintenir la Semagest comme un outil clé pour la collectivité, tout en sécurisant la délégation de service public qui gère les parkings Foch et des Lices.

Une transformation pour préserver l'outil communal

La Semagest, créée en 1965 sous le nom de Semitrop, puis renommée en 1991, a été à l'origine de nombreux lotissements tropéziens. Elle a notamment réalisé la résidence Lei Amourié en 1981, l'opération immobilière du Moulin Blanc en 1982, le parking Desderi en 1993, le logis Saint-Antoine en 1998, la résidence Saint-Roch en 1999 et les logements destinés à la gendarmerie nationale dans la zone Saint-Claude en 2004. Depuis la fin des années 1990, elle gère également les parcs de stationnement Foch et des Lices par délégation de service public.

La maire a expliqué que la transformation en SPL est nécessaire pour conserver la maîtrise de cet outil. « Aujourd'hui, la commune est l'actionnaire principal avec une participation de 84,20 % du capital social. Les autres actionnaires sont des personnes privées ou semi-publiques, dont la part cumulée représente environ 15,80 % », a-t-elle détaillé. En devenant une SPL, la société comptera au moins deux actionnaires publics, et Saint-Tropez a sollicité Ramatuelle, qui a manifesté son intérêt. La Ville restera toutefois l'actionnaire principal.

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Une nouvelle gouvernance qui suscite des interrogations

Cette transformation n'a pas manqué de soulever des questions au sein du conseil municipal. Jean-Baptiste Giordana, conseiller d'opposition, a exprimé des doutes sur la méthode de gouvernance. « Personnellement, j'aurais conservé la Semagest car elle constitue un véritable outil pour la commune. Elle dispose aujourd'hui d'une équipe compétente et d'un savoir-faire reconnu, a-t-il introduit. En la transformant, nous acceptons de partager cette gouvernance avec d'autres collectivités. Je n'y suis pas opposé mais il est légitime de savoir ce que chacun apportera. Quelles missions ? Quelles contributions financières ? Quels investissements ? À ce stade, aucune réponse ne figure dans ce dossier pour les autres collectivités. »

Le chef de file de la minorité a également proposé une alternative : créer une autre SPL territoriale nommée « Presqu'île de Saint-Tropez », construite dès l'origine avec Gassin et Ramatuelle pour répondre à des problématiques communes telles que la mobilité, le stationnement ou l'accès aux plages. Une vision différente de celle de la majorité, qui a réaffirmé son ambition. La maire a répondu : « Vous commencez en disant que c'est l'outil de la commune. Pour qu'elle le reste, il faut la basculer en SPL. C'est au niveau intercommunal qu'elle va nous échapper. Les 15 % de privé qui vont être remplacés par une collectivité permettront de la garder et de sécuriser la délégation de service public qui va bientôt être mise en concurrence. »

Des missions élargies pour la future SPL

Concrètement, la future SPL aura les mêmes objectifs que l'actuelle Semagest. « Elle aura vocation à exercer toutes missions d'aménagement, de gestion urbaine, d'exploitation de services publics à caractère industriel ou commercial et plus généralement toutes activités d'intérêt général entrant dans le champ de compétence de la commune et des autres collectivités actionnaires », a complété Sylvie Siri. Cette transformation devrait donc permettre à la collectivité de confier directement à la SPL des missions d'aménagement sans passer par des appels d'offres, ce qui pourrait accélérer les projets urbains sur le territoire.

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La Semagest, qui emploie une équipe compétente et reconnue, continuera ainsi à jouer un rôle central dans le développement de Saint-Tropez. Avec la participation de Ramatuelle, la nouvelle SPL pourrait également étendre son action à des projets intercommunaux. Toutefois, les modalités précises de cette collaboration restent à définir, notamment en ce qui concerne les contributions financières et les investissements de chaque collectivité.

Un enjeu majeur pour le stationnement et l'aménagement

La gestion des parkings Foch et des Lices, actuellement assurée par la Semagest, est un enjeu crucial pour la ville. La délégation de service public arrivant à échéance, la transformation en SPL permettrait de sécuriser cette gestion sans passer par une mise en concurrence. La maire a insisté sur ce point : « Les 15 % de privé qui vont être remplacés par une collectivité permettront de la garder et de sécuriser la délégation de service public. »

Au-delà du stationnement, la future SPL aura pour mission de poursuivre les opérations d'aménagement qui ont fait la renommée de la Semagest, comme les résidences Lei Amourié, Moulin Blanc, Saint-Roch ou encore le logis Saint-Antoine. Elle devra également répondre aux défis futurs de la commune, notamment en matière de logement, de mobilité et d'accès aux plages, des problématiques partagées avec les communes voisines comme Gassin et Ramatuelle.

Cette transformation s'inscrit dans une volonté de la municipalité de renforcer son contrôle sur les outils d'aménagement, tout en ouvrant la porte à une coopération intercommunale. Reste à voir comment cette nouvelle gouvernance se concrétisera et quelles seront les modalités de collaboration avec Ramatuelle. Les prochains mois seront décisifs pour définir les contours de cette future SPL et répondre aux interrogations légitimes de l'opposition.