Un immeuble convoité sur le Quai Mistral
Le premier immeuble du Quai Mistral à Saint-Tropez est au cœur d'une spéculation immobilière depuis trois ans. L'unique propriétaire souhaite céder cet ensemble de bâtiments, et selon nos informations, Mathieu Zucchiatti, neveu de l'homme d'affaires Stéphane Courbit (groupe Airelles), serait fortement intéressé par ce rachat. Cet investisseur français est déjà implanté au bout du quai avec son restaurant Bòu (ZM Group).
Des commerces de longue date menacés
Si la transaction aboutit, elle pourrait entraîner la disparition des commerces historiques, du glacier à la crêperie. Depuis 2023, ces acteurs locaux ont reçu tour à tour des lettres de non-renouvellement de leurs baux commerciaux. Pour l'un d'eux, ce courrier est arrivé il y a quelques semaines seulement. Face à cette situation, plusieurs commerçants ont engagé des procédures judiciaires. « On va tout faire pour se battre pour notre affaire. C'est notre vie professionnelle qui est en jeu. Pour l'instant, les procédures et les expertises sont en cours, nous sommes dans l'attente », révèle l'un des exploitants.
La municipalité en alerte
Depuis le début de cette affaire en 2023, la municipalité a pris des mesures. La maire Sylvie Siri a rencontré les potentiels acquéreurs et les commerçants pour les tenir informés. « J'ai bien indiqué à chacun le sentiment de la Ville et des Tropéziens. C'est l'un des derniers lieux authentiques avec un type de commerces que l'on ne veut pas voir disparaître. On n'a pas besoin de plus de luxe à cet endroit-là », déclarait-elle en octobre 2023. Pour dissuader toute transformation, le périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat a été redessiné afin d'éviter l'implantation d'une activité hôtelière sur le quai. Aujourd'hui, les procédures sont toujours en cours, et la Ville poursuit son combat quotidien pour préserver le tissu local.
L'opposition monte au créneau
Le conseiller d'opposition Jean-Baptiste Giordana, accompagné de Christine Blanc et Alexandre Durand-Viel, regrette le manque d'anticipation de la majorité. Selon eux, les transformations commerciales étaient prévisibles depuis des années. « Pourquoi a-t-on laissé partir autant de familles et d'habitants à l'année ? Pourquoi avoir laissé exploser les meublés touristiques ? », interroge Giordana. Il préconise la création d'un livre blanc du commerce tropézien, élaboré par les actifs eux-mêmes, pour définir les besoins réels du village. Il propose également des chartes commerciales par quartier et une communication de l'office de tourisme davantage tournée vers les petits commerces indépendants. « Si demain le marché ne suffit plus à préserver la vie à l'année, alors la commune devra avoir le courage de reprendre la main sur certaines fonctions essentielles : santé, commerces de proximité et logement des actifs indispensables », conclut-il.



