Le rachat de SFR par Patrick Drahi s'avère plus complexe que prévu, obligeant le magnat des télécoms à prolonger les négociations avec Bouygues Telecom, Free et Orange. Les discussions, qui devaient initialement aboutir à un accord en avril, se poursuivent désormais jusqu'à fin mai, selon des sources proches du dossier.
Des obstacles financiers et réglementaires
Plusieurs points bloquent encore les discussions. Le principal obstacle concerne le prix de rachat. Patrick Drahi propose 15 milliards d'euros, mais les créanciers de SFR en réclament 17 milliards. Par ailleurs, les autorités de régulation s'inquiètent d'une possible concentration du marché des télécoms, ce qui pourrait freiner la concurrence.
Les réactions des opérateurs
Bouygues Telecom, Free et Orange, qui sont en lice pour racheter certains actifs de SFR, se montrent prudents. Bouygues Telecom a déclaré qu'il ne participerait à l'opération qu'à des conditions favorables. Free, de son côté, a exprimé son intérêt pour les fréquences de SFR, mais sans se précipiter. Orange, le leader du marché, observe les négociations sans prendre position.
Un enjeu stratégique pour Drahi
Pour Patrick Drahi, le rachat de SFR est crucial. Il permettrait à son groupe, Altice, de renforcer sa position sur le marché français des télécoms, où il est déjà présent via SFR. Cependant, l'endettement d'Altice complique le financement de l'opération. Les banques, sollicitées pour un prêt de 10 milliards d'euros, se montrent réticentes en raison des risques.
Conséquences pour l'emploi
Le rachat pourrait entraîner des suppressions de postes. Les syndicats redoutent des restructurations chez SFR, qui emploie 10 000 personnes en France. Les négociations sociales devraient débuter une fois l'accord finalisé.
Les analystes estiment que le feuilleton du rachat de SFR pourrait durer encore plusieurs semaines. En attendant, les concurrents de Drahi préparent leurs offres, et le régulateur examine les implications concurrentielles de l'opération.



