Pékin bloque le rachat de Manus par Meta : l'IA envenime les relations sino-américaines
Pékin bloque le rachat de Manus par Meta

Un veto chinois qui fait trembler la tech

La Chine a officiellement bloqué le rachat de la start-up d'intelligence artificielle Manus par le géant américain Meta. Cette décision, annoncée ce mardi par les autorités de régulation chinoises, marque une escalade significative dans la guerre technologique qui oppose Pékin à Washington. Le montant de l'opération, estimé à plusieurs milliards de dollars, aurait permis à Meta de renforcer considérablement ses capacités en IA générative.

Les raisons d'un blocage

Selon des sources proches du dossier, Pékin invoque des motifs de sécurité nationale. Manus, spécialisée dans les modèles de langage avancés, détient des technologies jugées sensibles pour la souveraineté numérique chinoise. Les autorités chinoises craignent que ce rachat ne permette à Meta d'accéder à des données stratégiques et à des innovations cruciales pour le développement de l'IA en Chine.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. Les États-Unis ont récemment renforcé leurs restrictions à l'exportation de puces et de technologies d'IA vers la Chine. En retour, Pékin multiplie les obstacles aux investissements étrangers dans ses secteurs clés.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions internationales

Le gouvernement américain a vivement réagi, dénonçant une mesure protectionniste qui entrave la libre concurrence. Meta, de son côté, a exprimé sa déception et étudie les options juridiques. La start-up Manus, basée à Shenzhen, se retrouve au cœur de cette bataille géopolitique. Ses fondateurs, contactés par l'AFP, n'ont pas souhaité commenter.

Les analystes estiment que ce blocage pourrait avoir des répercussions durables sur le marché mondial de l'IA. Les investisseurs américains pourraient se montrer plus prudents à l'égard des start-up chinoises, tandis que les entreprises chinoises chercheront à renforcer leur autonomie technologique.

Un enjeu de souveraineté

Pour la Chine, l'IA est un secteur stratégique où elle entend rester compétitive face aux États-Unis. Le plan chinois « Next Generation AI » vise à faire du pays un leader mondial de l'IA d'ici 2030. Bloquer le rachat de Manus par Meta s'inscrit dans cette stratégie de protection des actifs technologiques nationaux.

De leur côté, les États-Unis considèrent que la Chine utilise des pratiques déloyales pour freiner l'innovation américaine. Cette affaire illustre les difficultés croissantes de coopération dans un domaine où la collaboration internationale est pourtant essentielle.

Quelles conséquences pour le marché ?

Les marchés financiers ont réagi négativement à cette annonce. Les actions de Meta ont légèrement reculé à Wall Street, tandis que les valeurs technologiques chinoises ont été volatiles. Les experts prévoient une augmentation des dépenses en R&D des deux côtés, chaque pays cherchant à réduire sa dépendance vis-à-vis de l'autre.

Cette décision pourrait également encourager d'autres pays à adopter des mesures similaires pour protéger leurs industries naissantes. L'Europe, qui cherche à développer ses propres champions de l'IA, suit de près cette affaire.

En attendant, la start-up Manus devra trouver de nouveaux partenaires ou se tourner vers des investisseurs chinois. Son avenir reste incertain dans ce climat de méfiance réciproque.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale