Rurale et touristique, la Nouvelle-Aquitaine est aussi une terre d’industrie. Avec une trentaine de sociétés cotées en bourse et un champion tel que Legrand, la région est fièrement représentée sur les marchés financiers.
Une trentaine de sociétés cotées, une capitalisation de 3,6 milliards d’euros
Si la Nouvelle-Aquitaine compte de nombreux fleurons économiques, peu de ces entreprises ont fait le choix de la Bourse pour se financer. À ce jour, la région compte seulement une trentaine de sociétés cotées sur les marchés secondaires français (Euronext, Euronext Growth et Euronext Access). Cette base, certes modeste en nombre, représente tout de même une capitalisation de 3,6 milliards d’euros. Aux côtés du géant Legrand, on trouve des acteurs industriels comme Gascogne (Landes) ou Fountaine Pajot (Charente-Maritime) mais aussi des sociétés technologiques ou de services. Équipements, papier et carton, nautisme, construction, matériels spécialisés : le secteur industriel représente la moitié des sociétés cotées de Nouvelle-Aquitaine. Cela reflète la structure de l’économie régionale, où l’industrie manufacturière occupe une place centrale.
Legrand, le champion coté au CAC 40, boxe hors catégorie dans la région
Une diversité de tailles et d’activités
Sur le plan de l’emploi, l’asymétrie est extrême. Quelques grands groupes concentrent une part disproportionnée du personnel lié aux sociétés cotées, tandis que les petites capitalisations restent marginales. Le cas de Legrand, basé à Limoges, fait office d’exception. Avec un chiffre d’affaires proche de 10 milliards d’euros et des dizaines de milliers de salariés, le champion coté au CAC 40 boxe hors catégorie dans la région.
Pour les autres entreprises cotées, la diversité est de mise. « La plus petite des sociétés cotées réalise un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros mais la plupart sont de belles PME ou ETI avec un CA situé entre 20 et 200 millions d’euros », décrypte Axel Champeil, de la société de bourse Champeil SA.
Un reflet des dynamiques régionales
Si historiquement, l’industrie se taille la part belle, d’autres secteurs émergent. De plus en plus de sociétés de services (logiciels, B2B, ingénierie…) sont représentées sur les marchés. Parmi elles, on peut citer Mon courtier énergie (Bordeaux), Macompta.fr (Lagord, près de La Rochelle) ou encore Ashler & Manson (courtier en prêt immobilier basé à Bordeaux).
Mais le secteur en forte évolution ces dernières années est sans aucun doute celui de la santé. Spécialisés en biotechnologies et en métabolisme, Aelis Farma (Bordeaux) et Valbiotis (La Rochelle) font partie du club néo-aquitain des entreprises cotées, tout comme Implanet (fabrication d’implants en Gironde) ou encore Eurofins Cerep (recherche pharmaceutique dans la Vienne).
Plus qu’un miroir de l’économie locale, Axel Champeil y voit « un reflet des dynamiques régionales ». Selon l’expert, « les introductions traduisent les secteurs qui ont le vent en poupe ». La dernière en date illustre parfaitement le propos. En juin 2024, Exosens fait son entrée à la Bourse de Paris. Spécialiste de la vision nocturne, l’entreprise basée à Mérignac entrevoit un fort potentiel de développement dans l’univers de la défense, porté par l’instabilité géopolitique actuelle. À noter cependant, l’absence de l’aéronautique, pourtant l’un secteur majeur sur nos territoires. Bien que primordial et structurant dans toute la région, on ne trouve aucun acteur néo-aquitain côté dans ce domaine. Une absence toute relative puisque les géants du CAC 40 sont toutefois bien présents à l’instar de Dassault (Anglet, Mérignac…), Safran (Mérignac, Tarnos, Bordes), Thales (Mérignac, La Teste-de-Buch, Châtellerault…) ou encore Airbus (Mérignac, Rochefort…).



