Monaco F1 : les coulisses logistiques de l'Automobile Club de Monaco
Monaco F1 : les coulisses logistiques de l'ACM

« Les gens croient que le Grand Prix, c’est quatre jours et qu’après on est tranquille… Si seulement ! » Éric Barrabino, Commissaire général de l’Automobile Club de Monaco (ACM), donne d’emblée le ton. Derrière les strass des trois épreuves sur circuit monégasque (Formule 1, e-Prix, Historique) et les deux épreuves de rallye, se cache une mécanique organisationnelle qui tourne à plein régime toute l’année.

Un petit commando aux commandes

Le secret de cette machine de guerre ? Un tout petit commando. « Entre GP et rallyes, ce sont les mêmes équipes. On a une vingtaine de personnes pour tout organiser », révèle Éric Barrabino, non sans malice lorsqu’il rappelle que le Grand Prix de Las Vegas s’appuierait sur « 200 employés permanents ». Cette hyperpolyvalence impose un rythme frénétique. « On finit les rallyes fin janvier et on est déjà dans la phase préparatoire des Grands Prix, avec un montage du circuit le 23 février », illustre Romain Pugliese, à la fois directeur de course du Rallye Monte-Carlo et responsable logistique du montage du GP. « Pendant le Grand Prix, on est obligé de travailler simultanément sur les parcours de rallyes. » Ce n’est qu’après le grand démontage des installations, que l’équipe s’autorisera enfin à amorcer les reconnaissances physiques du prochain rallye sur les routes de montagne, dès le 23 juin prochain.

La diplomatie au service de la logistique

Et sur ces routes, la diplomatie rejoint la logistique. « Dès qu’un maire vous dit “Non”, vous rajoutez 200 km de liaison. Cette année on a aussi pris du retard avec les municipales », souligne Éric Barrabino.

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Monaco, laboratoire logistique

Côté circuit, transformer la Principauté exige « 9 semaines de montage » et mobilise près de 3 000 personnes. L’espace est si restreint que l’extrême logistique se joue lorsque la ville s’endort. « Il s’agit des modules hors gabarit. Ils sont transportés de nuit sous escorte de la police », détaille Jérémy Joffre, responsable logistique transport du Grand Prix. Cette exiguïté qui pourrait être un cauchemar logistique est devenue la signature de l’ACM. « Nos techniques sont reprises par Formula One sur les autres circuits », se félicite Romain Pugliese. Il résume finalement en une formule : « De toute façon, on est condamné à être bon. On ne peut pas se rater. »

Des chiffres impressionnants

Au total, l’organisation du Grand Prix de Monaco représente 1 100 tonnes de tribunes, 21 kilomètres de rails de sécurité, 900 mètres de barrières Tecpro, près de 20 000 m² de grillage, neuf grues d’évacuation et douze dépanneuses. Un immense ballet logistique qui se déploie chaque année, pour permettre aux pilotes d’atteindre les 300 km/h dans les rues de la Principauté avec le plus haut niveau de sécurité possible.

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