La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a occulté « les vrais sujets de fond » et versé dans « la caricature », a déploré mercredi Pierre-Antoine Capton, patron du géant de la production Mediawan. Le rapport, publié mardi après des mois de tensions, n'a pas abordé les enjeux majeurs selon lui.
Des sujets majeurs ignorés
« Le fonctionnement, le financement et l'avenir de l'audiovisuel public, ce sont des sujets majeurs. Ce que je regrette, c'est que cette commission n'a pas abordé les vrais sujets de fond », a déclaré ce mercredi sur France Inter Pierre-Antoine Capton. Mediawan produit notamment les émissions « C à vous » et « C dans l'air » pour France Télévisions.
« On est à une ère, dans le secteur des médias, où on est disrupté par l'intelligence artificielle, la conquête des publics jeunes est très compliquée, la place de la création française, la concurrence des plateformes », a énuméré le président de Mediawan. « On aurait dû parler lors de cette commission d'enquête de tous ces sujets qui sont des sujets importants ».
Un rapport jugé caricatural
Après des mois de débats émaillés d'incidents, le rapport de la commission d'enquête rédigé par le député ciottiste Charles Alloncle a dépeint un audiovisuel public « en crise », éloigné « des attentes des Français » et marqué par des « biais militants ». Entendus par la commission, les responsables et actionnaires de Mediawan ont été mis en cause par M. Alloncle pour leur supposé manque de neutralité, donnant lieu à de virulentes passes d'armes.
Lors de son audition début avril, le milliardaire Xavier Niel, un des actionnaires de Mediawan, a qualifié la commission de « cirque ». « Le débat a laissé sa place à de la caricature, ça a été extrêmement compliqué de pouvoir débattre », a détaillé Pierre-Antoine Capton. Selon lui, dix heures d'auditions ont été consacrées aux dirigeants et actionnaires de Mediawan, sans grand résultat.
« On a répondu à toutes les questions et je vois qu'il n'y a aucune des réponses qu'on a apportées qui sont aujourd'hui dans ce rapport », a estimé le dirigeant, qui récuse le constat général de crise de l'audiovisuel public dressé par le rapport. « J'ai l'impression que le service public, pour les téléspectateurs et les auditeurs, il est plutôt plébiscité », a-t-il conclu.



