Deux maires socialistes refusent les postes proposés par le président de l'Agglo
Maires socialistes refusent les postes de l'Agglo

Mercredi 29 avril, les maires socialistes de La Chapelle-des-Pots et Bussac sont restés solidaires de leur camp en refusant les postes proposés par le président Bruno Drapron. Les deux hommes lui ont fait savoir leur choix lundi dernier lors d’un échange « franc et sincère ».

Deux inconnues restaient en suspens depuis le conseil d’agglomération du vendredi 10 avril qui a vu le maire Horizons de Saintes Bruno Drapron retrouver son fauteuil de président : les maires socialistes de Bussac et La Chapelle-des-Pots, Jean-Luc Marchais et Pierre-Henri Jallais, allaient-ils accepter les deux places gardées au chaud par Bruno Drapron, à l’urbanisme et à l’économie sociale et solidaire (ESS) ? Ou rester solidaires de leur camarade Jérôme Gardelle (La Jard), ancien vice-président non reconduit à la politique des déchets ?

Le 10 avril, les deux hommes avaient lié leur participation à l’exécutif, sous réserve de l’intégration de leur collègue Jérôme Gardelle, pour un mandat apaisé, comme le précédent finalement. En cas de refus du président, l’opposition s’annoncerait effectivement plus frontale.

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Annulation des délibérations

Mercredi 29 avril, lors d’un nouveau conseil communautaire, les délibérations n°38, 39 et 40 ayant trait à la composition de l’exécutif ne figuraient plus à l’ordre du jour. Annulées. Plus de place au doute, les deux hommes avaient fait leur choix. Chacun a pris la parole pour s’en expliquer.

Visions différentes

« Tout le monde a besoin de tourner la page depuis cet épisode du 10 avril, introduit Pierre-Henri Jallais, micro en main. M. le président, je voudrais d’abord vous remercier pour l’échange franc et direct que nous avons pu avoir lundi [27 avril, NDLR] avec mon collègue Jean-Luc Marchais. »

Le maire de La Chapelle-des-Pots rembobine l’histoire, évoquant « cette main tendue » présentée « comme un geste d’apaisement et de responsabilité ». « Gouverner, ce n’est pas simplement additionner des postes et se rassembler à tout prix, développe-t-il. Piloter une collectivité, c’est agir avec cohérence et clarté. Or, ce qui nous sépare n’est pas anecdotique. Ce ne sont pas des divergences secondaires, ce sont des visions différentes de l’avenir que nous voulons construire pour notre territoire. »

« Je ne crois pas aux alliances de façade ni aux accords de circonstance conclus dans la précipitation », ajoute-t-il. Pour l’ancien vice-président à l’ESS, « accepter cette main tendue, dans ces conditions, reviendrait à renoncer à ce que nous sommes et à brouiller le message que nous avons pu porter jusqu’à ce jour ». Avant d’ajouter : « Même si votre devoir de président est de rassembler pour le bon fonctionnement de notre territoire, dans ce cas précis, je ne crois pas aux alliances de façade ni aux accords de circonstance conclus dans la précipitation pour répondre à la pression du moment. »

« Un choix de cohérence »

Au tour de Jean-Luc Marchais. « Après un mois de réflexions et d’échanges, je constate que les conditions ne sont pas réunies pour intégrer l’exécutif. Ces discussions utiles et approfondies m’ont conduit à constater une différence d’appréciation sur la feuille de route et les priorités du mandat à venir. » Il l’affirme, sa décision n’est « ni improvisée ni polémique » mais « le fruit d’un cheminement sérieux », « un choix de cohérence ». « S’agissant du PLUi, sur lequel je me suis beaucoup investi, c’est un crève-cœur de ne plus en assurer le pilotage », avoue-t-il, souhaitant pleine réussite à celui ou celle qui en aura la responsabilité.

Si ça n’a pas été officiellement annoncé par le président Drapron mercredi soir, Joël Terrien hérite de la compétence urbanisme. Quant à l’ESS, elle revient à Anne-Sophie Serra Davisseau.

Bruno Drapron, le président de l’Agglo et maire de Saintes, conclut cet épisode en remerciant les deux élus « d’avoir insisté » sur le fait que les échanges avaient été francs entre eux : « Je regrette votre choix qui me semble politique mais je le respecte. Je souhaite que les échanges soient constructifs, même si on ne sera pas d’accord sur tout. Je souhaite que l’on travaille ensemble pour l’intérêt du territoire, je pense que c’est possible. »

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Campus connecté

Mercredi soir, le Conseil communautaire a voté à l’unanimité en faveur d’une convention de partenariat avec l’Agglo de Grand-Cognac pour la création d’une annexe du Campus connecté de Saintes, ouvert en octobre 2021. Ce dispositif, porté par l’Agglo de Saintes, permet à des étudiants, éloignés des grands pôles universitaires, de suivre des formations à distance.

« Gérard Blanchard, le président de l’Université de La Rochelle, veut s’investir dans les territoires, explique Éric Pannaud, vice-président en charge de l’éducation. L’État soutient ces campus, les feux sont au vert. La création de l’antenne cognaçaise permettrait d’asseoir un peu plus notre projet. » Actuellement, 35 étudiants sont inscrits à Saintes. La signature de cette convention d’une durée de cinq ans doit intervenir en juin prochain.