Macron critique les "mabouls" anti-Algérie et dénonce la lourdeur administrative
Macron fustige les "mabouls" anti-Algérie et la bureaucratie

En déplacement dans l'Ariège, le président de la République, Emmanuel Macron, a profité d'une visite à l'hôpital de Lavelanet pour adresser une critique acerbe aux partisans d'une ligne dure envers l'Algérie. Il a regretté « tous les mabouls » qui veulent « se fâcher avec l'Algérie », tout en dénonçant les lourdeurs administratives qui entravent l'intégration des médecins étrangers.

Une pique contre les partisans de la fermeté

« Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu'il faudrait se fâcher avec l'Algérie », a lancé le chef de l'État, visiblement irrité par les discours appelant à une rupture diplomatique avec Alger. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre Paris et Alger, mais Macron a tenu à rappeler l'importance de maintenir des relations apaisées.

Les difficultés des praticiens étrangers

Le président a également pointé du doigt le système des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue), qu'il a qualifié de « bordel » et de « folie du système français ». Devant un médecin originaire d'Oran, il a déploré que ces soignants, pourtant essentiels dans la lutte contre les déserts médicaux, se heurtent à des obstacles administratifs rédhibitoires. « C'est des gens remarquables qu'on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l'hôpital et, le jour où il faut les titulariser […] on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde », a-t-il dénoncé.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un système jugé archaïque

Emmanuel Macron a également critiqué la Caisse d'assurance maladie (Cnam), l'accusant de perpétuer un « système à l'ancienne » basé sur une régulation médicale par l'offre. « Dans la tête de tout le monde, il faut faire de la régulation médicale par l'offre donc, plus on emmerde les gens longtemps, mieux c'est parce que cela nous coûtera moins cher », a-t-il ironisé, avant d'appeler à une inversion de cette logique : « Ce qu'il faut c'est l'inverse […] On a un système qui marche sur la tête. »

Des chiffres révélateurs

Selon les statistiques de l'Ordre des médecins, au 1er janvier 2025, 19 154 médecins diplômés à l'étranger hors UE exerçaient officiellement en France. Parmi eux, 38,8 % ont été formés en Algérie, 15,1 % en Tunisie, 8,6 % en Syrie, 7,4 % au Maroc et 4 % au Liban. Ces praticiens jouent un rôle crucial dans les zones sous-dotées, mais leur parcours administratif reste semé d'embûches.

En conclusion, Emmanuel Macron a appelé à une simplification des procédures pour permettre à ces médecins de contribuer pleinement au système de santé français, tout en plaidant pour une diplomatie apaisée avec l'Algérie. Ses propos ont suscité des réactions contrastées, entre soutien des professionnels de santé et critiques des partisans d'une ligne dure.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale