Emmanuel Macron en Chine : les enjeux d'une visite d'État sous tension
Macron en Chine : les enjeux de la visite d'État

Une visite sous le signe des tensions

Le président de la République, Emmanuel Macron, effectue sa quatrième visite d'État en Chine du 3 au 5 décembre 2025. Ce déplacement intervient dans un contexte de fortes tensions entre Pékin et l'Union européenne, alors que la montée en puissance de la Chine bouleverse les équilibres commerciaux, sécuritaires et diplomatiques mondiaux. Le chef de l'État français se trouve contraint à un exercice d'équilibriste, comme le souligne Noah Barkin, spécialiste de la Chine chez Rhodium Group : "Il doit clairement faire comprendre aux dirigeants chinois que l'Europe répondra aux menaces économiques et sécuritaires croissantes de Pékin, tout en empêchant une escalade des tensions qui conduirait à une véritable guerre commerciale et à une rupture diplomatique."

Un programme chargé

Attendu à Pékin mercredi soir, Emmanuel Macron débutera son voyage par une visite de la Cité interdite. Le lendemain, il s'entretiendra avec le président Xi Jinping dans la capitale, avant de le retrouver vendredi à Chengdu, dans la province du Sichuan. Ces discussions revêtent une importance particulière en vue du G7 d'Évian, prévu en juin 2026, et alors que la Chine présidera l'an prochain le forum de Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec).

Rééquilibrer les dynamiques commerciales

Avant ce voyage, l'Élysée a indiqué que le président plaiderait pour un rééquilibrage des dynamiques commerciales, afin que la Chine stimule sa consommation intérieure, et en faveur d'un partage en matière d'innovation permettant à l'Europe d'accéder aux technologies chinoises. Alors que les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump continuent de peser sur l'économie mondiale, la Chine cherche à montrer qu'elle reste ouverte aux affaires. Cependant, l'UE exprime son inquiétude face au soutien de Pékin à la Russie, notamment dans le dossier ukrainien, ainsi qu'à sa politique industrielle largement subventionnée par l'État.

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Un partenariat clé dans l'aéronautique

La France est un partenaire clé de la Chine en tant que fournisseur de pièces aéronautiques. Les achats d'Airbus offrent à Pékin un levier sur les États-Unis dans un contexte de tensions commerciales, Washington cherchant de nouveaux engagements d'achat de Boeing. La Chine, en passe de devenir le plus grand marché mondial de l'aviation, a acheté pour 2,7 milliards de dollars de moteurs d'avion à la France cette année.

Des tensions dans l'automobile et le cognac

Dans le secteur automobile, les constructeurs français réalisent des ventes négligeables en Chine tout en étant soumis à une forte pression pour passer à l'électrique sur leur marché national. La France a soutenu une initiative de la Commission européenne visant à relever les droits de douane sur les importations chinoises de voitures électriques. Par ailleurs, Paris a été impliqué pendant plus d'un an dans un différend avec Pékin au sujet d'une enquête sur les importations de cognac, mesure perçue comme une riposte chinoise au soutien français aux droits de douane sur les véhicules électriques. Un répit a été accordé à la France sur ce dossier il y a quelques mois.

Le risque Taïwan

Emmanuel Macron veillera à ne pas réitérer les faux pas de son dernier voyage il y a deux ans, lorsque ses propos sur Taïwan avaient irrité Washington. "Macron ne peut pas se permettre d'agir de manière incontrôlée comme en 2023. L'enjeu est bien plus important pour la France et pour l'Europe", estime Noah Barkin. Des conseillers français ont indiqué que le président encouragerait un "statu quo" sur la question de Taïwan et exhorterait la Chine à éviter toute escalade, alors que de récentes déclarations de la Première ministre japonaise ont provoqué l'ire de Pékin.

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