Un titre savouré
Sacré champion de France en Marmara SpikeLigue vendredi avec Montpellier, l'ancien Bleu aux 190 sélections, originaire de Rochefort, en profite pour dérouler le fil de sa carrière, lui qui découvrira le poste de directeur sportif la saison prochaine. Un jour, alors qu'une exposition sur les sportifs et anciens sportifs de la ville était visible à Rochefort, Loïc Le Marrec, de passage pendant ses vacances, a vu qu'il n'en faisait pas partie. « J'en ai parlé à mon père, qui s'est renseigné et c'est vrai que j'étais un peu sorti des radars », en sourit l'ancien international aux 190 sélections et, depuis vendredi 8 mai, l'entraîneur champion de France de Marmara SpikeLigue avec Montpellier face à Poitiers. L'ancien passeur, déjà sacré en tant que joueur avec Poitiers, Cannes et Tours, a accepté de se livrer quelques jours après ce titre.
Un bonheur partagé
« Oui, je suis sur mon petit nuage. Les titres sont des choses tellement compliquées à obtenir qu'il faut absolument les savourer. On va essayer de le faire pendant un petit moment encore », confie-t-il. Interrogé sur la différence entre les titres remportés comme joueur et comme entraîneur, il explique : « Être champion, c'est indescriptible. Après, c'est un petit peu différent : entraîneur, on ne vit pas du tout les mêmes saisons que les joueurs. On a plus de responsabilités, on est un peu le chef d'orchestre de leur vie, de la tactique, d'un petit peu tout. Un titre veut dire que le boulot est bien fait, c'est donc assez savoureux. En tant que joueur, c'est l'aspect jeu qui est mis en avant. Ensuite, chaque titre a une saveur différente parce que ce sont des aventures humaines avec des groupes et des staffs différents. »
Le poids de la pression
Le titre apporte aussi un soulagement pour le coach : « Avec Montpellier, on a annoncé dès le début de la saison qu'on voulait aller chercher un titre, on a monté une belle équipe pour ça ; tous les week-ends, on était attendu, on devait gagner. Ce statut de favori n'est pas toujours facile à assumer alors que pour les autres, s'ils perdent contre Montpellier, ça ne va pas changer leur saison. Les seuls moments où cela s'est inversé, c'était en Ligue des champions contre les Polonais ou les Italiens. Mais c'est vrai qu'en tant que coach, à la fin, on est vraiment lessivé physiquement et mentalement. »
Une finale rêvée contre Poitiers
Être sacré face à Poitiers a une saveur particulière : « C'était un peu la finale rêvée pour moi face à mon premier club professionnel. Au-delà de ça, quand on était à Rochefort et qu'on voulait voir du volley de haut niveau, on allait à Poitiers, regarder le Stade Poitevin dans la salle Lawson-Body. Où j'ai pu voir jouer Frédéric Lawson-Body. Cette équipe me mettait des étoiles dans les yeux, c'est aussi pour ça que je me suis inscrit avec elle sur mes premiers contrats pros. J'y ai connu un titre de champion, je m'y suis épanoui, j'ai beaucoup progressé. »
Un parcours jalonné de défis
De Poitiers à Montpellier en passant par Toulouse, Cannes et Tours, Loïc Le Marrec a toujours cherché à progresser : « À chaque fois, je passais d'un club à un autre pour essayer de monter d'un cran et aller le plus haut possible. À Poitiers, au bout d'un moment, c'était un petit peu bouché pour moi, j'ai donc fait mes classes à Toulouse, où je me suis aguerri. Puis j'ai franchi un gros step avec Cannes, avec l'entraîneur Laurent Tillie, qui m'a beaucoup appris. On est allé chercher d'autres titres mais la logique faisait que le plus gros club en France, c'était Tours, où je suis parti pour la même chose. Quand on s'inscrit dans des clubs comme ça, c'est pour gagner. Sur la fin, je suis arrivé à Montpellier pour, aussi, passer mes diplômes d'entraîneur. »
Une carrière internationale riche
Avec 190 sélections en équipe de France, il a vécu des moments intenses : « À la fin de mes années toulousaines, j'ai commencé à vivre mes premières sélections, ce qui m'a permis aussi d'avoir de la visibilité par rapport à Cannes. Je suis resté un petit moment en équipe de France. Dix ans de ma vie ont été très intenses parce qu'après le championnat, on avait une semaine de vacances et on partait en équipe nationale pour trois mois. Une fois que ça se terminait, on reprenait avec le club… Personnellement ou familialement, on ne peut pas faire ça toute une vie mais j'en ai bien profité. »
Une reconnaissance individuelle
Élu coach de l'année, il relativise : « Ça flatte l'ego. Après, les récompenses individuelles ne veulent pas dire grand-chose au volley. Si l'un est récompensé, c'est parce que les autres l'aident à briller. Moi, j'ai un groupe extraordinaire, des super mecs qui m'aident à me bonifier. Mais je suis très content, c'est une reconnaissance. Au début, les entraîneurs de SpikeLigue font un premier tri, puis le vote de journalistes assied le classement final. Il y a pas mal de monde dans l'équation, alors être élu fait vraiment plaisir. »
Un formateur dans l'âme
Son parcours de technicien l'a mené à être formateur et adjoint : « Ça m'aide beaucoup à me former, à me forger. J'ai fait beaucoup de postes : coach en première division, en tant que premier entraîneur ou adjoint, j'ai fait un passage au Centre National de Volley-Ball. J'étais entraîneur des équipes jeunes et de l'équipe de France A'. En 2021, j'étais l'adjoint de Laurent Tillie en équipe de France, puis j'ai rejoint le centre de formation de Montpellier. J'ai même travaillé pour la Ligue Île-de-France, en charge de la promotion du volley dans les écoles. Ça aide à avoir une bonne vision d'ensemble. »
Il garde un regard particulier sur les jeunes : « J'ai cette fibre de formateur. Même si j'évolue dans le monde pro, je garde toujours un œil sur le côté amateur. Parce que si on est là, c'est que le volley-ball existe partout ailleurs. Moi, je viens de Rochefort, un tout petit club qui a évolué jusqu'en régional, avec des militaires en formation qui venaient parce qu'ils aimaient le volley. Il faut garder ça et le rendre à ceux qui bossent tous les jours. »
Une fibre familiale
Cette passion vient de sa famille : « Je ne pourrais pas dire combien de temps mes parents ont passé au club de Rochefort, mais c'est au moins quarante ans, entre président, trésorier, chacun à leur tour… Plusieurs fois, ils ont essayé de passer la main, de former des gens, mais personne ne voulait vraiment reprendre. Ils entraînaient, ils arbitraient, ils jouaient… Je suis tombé dans le volley au berceau, j'étais au gymnase avec mon ballon, je les regardais faire tout ça, je jouais avec les copains… C'étaient des super moments, j'ai ça dans le sang. »
Un nouveau défi : directeur sportif
La saison prochaine, il pourrait devenir directeur sportif de Montpellier : « C'est à découvrir, parce que je n'ai pas encore fait ce métier. Je ne sais pas si ce sera le cas ; un petit peu quand même, je pense, parce que je ne serai pas de tous les déplacements. Certains week-ends, je resterai à la maison, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faudra pas aller voir le centre de formation, les jeunes. J'aurai d'autres choses à gérer. Ce sera vraiment une aventure totale, je ne sais pas trop encore comment ça va se passer exactement mais ça va me dégager un petit peu du terrain, je vais prendre un petit peu de hauteur. Et j'espère avoir un petit peu moins de tension et de stress par rapport aux résultats des matchs… »
CV
- Né le : 1er mars 1977 à Rochefort (1,90 m)
- Clubs : Rochefort (jusqu'en 1994), CNV (1994-1996), Poitiers (1996-1997 puis 1998-1999), Toulouse (1997-1998 puis 1999-2003), Cannes (2003-2007), Tours (2007-2010), Montpellier (2010-2014)
- Sélections : 190
- Palmarès joueur : champion de France 1999, 2005, 2010 ; Coupe de France 2007, 2009, 2010
- Entraîneur : Montpellier (2014-2016 et janv. 2024-2026, adjoint en 2021-2022 et 2023-janv. 2024), Pôle France (adjoint 2018-2021), France A' (depuis 2020), France A (adjoint 2021)
- Palmarès entraîneur : champion de France 2022 et 2026



