Dans une tribune publiée par Libération, des auteurs dénoncent la stratégie de Marine Le Pen et Nigel Farage, qui se présentent comme des martyrs politiques après avoir été confrontés à des poursuites judiciaires. Selon les signataires, cette posture vise à discréditer les institutions démocratiques et à renforcer leur capital politique auprès de leurs partisans.
Une instrumentalisation des affaires judiciaires
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, est mise en examen dans l'affaire des assistants parlementaires européens. De son côté, Nigel Farage, figure emblématique du Brexit, fait l'objet d'une enquête pour des soupçons de financement illicite de sa campagne. Tous deux dénoncent une « chasse aux sorcières » orchestrée par les élites. La tribune souligne que cette rhétorique est un classique du populisme : transformer ses propres problèmes judiciaires en preuve d'un système corrompu qui craint le changement.
Un discours qui séduit les électeurs
Selon un sondage récent, 68 % des sympathisants du Rassemblement National estiment que Marine Le Pen est victime d'un acharnement judiciaire. Un chiffre similaire est observé parmi les partisans de Nigel Farage au Royaume-Uni. « En se présentant comme des victimes, ils renforcent le sentiment d'injustice chez leurs électeurs et consolident leur base », explique Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite. Cette stratégie permet de détourner l'attention des faits qui leur sont reprochés.
Une menace pour l'État de droit
Les auteurs de la tribune mettent en garde contre cette instrumentalisation, qui sape la confiance dans la justice et l'État de droit. « Lorsque des responsables politiques accusent la justice d'être partiale, ils affaiblissent les institutions qui protègent nos démocraties », écrivent-ils. Ils appellent les citoyens à ne pas se laisser piéger par ce discours victimaire et à exiger que les affaires soient traitées avec transparence.
Un parallèle avec d'autres populistes
Cette technique n'est pas nouvelle. Donald Trump aux États-Unis ou Jair Bolsonaro au Brésil ont utilisé des arguments similaires face à leurs démêlés judiciaires. La tribune rappelle que cette stratégie a souvent permis à ces leaders de renforcer leur popularité, même lorsqu'ils sont condamnés. « Le populisme prospère sur le ressentiment et la défiance envers les élites », concluent les signataires, appelant à une vigilance accrue.



