La station balnéaire de La Grande Motte, dans l'Hérault, a opéré une transformation spectaculaire. Longtemps surnommée « La Grande Moche » en raison de son architecture brutaliste en forme de pyramides, elle est aujourd'hui devenue « La Grande Mode », attirant une nouvelle génération de visiteurs et d'investisseurs.
Un héritage architectural réhabilité
Construite dans les années 1960 sous l'impulsion de la mission Racine, La Grande Motte se caractérise par ses immeubles en forme de pyramides et de coquilles Saint-Jacques, conçus par l'architecte Jean Balladur. Longtemps décriée, cette architecture unique est aujourd'hui reconnue comme un exemple remarquable du mouvement moderne. La ville a obtenu le label « Architecture contemporaine remarquable » en 2010, et plusieurs bâtiments sont classés monuments historiques.
Selon la mairie, le nombre de visiteurs a augmenté de 30 % entre 2015 et 2025, passant de 1,2 million à 1,6 million par an. Les prix de l'immobilier ont bondi de 40 % en dix ans, avec des appartements atteignant 6 000 euros le mètre carré en bord de mer.
Les clés du succès : tourisme et investissement
La renaissance de La Grande Motte s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, un engouement pour l'architecture des années 1960-1970, porté par les réseaux sociaux et les influenceurs. D'autre part, des investissements publics et privés dans la rénovation des bâtiments et des espaces publics. La ville a également misé sur le tourisme durable, avec des pistes cyclables et des espaces verts.
« La Grande Motte est devenue plus attractive. Les gens viennent pour l'architecture, mais aussi pour la qualité de vie », explique le maire, Stéphan Rossignol, dans un entretien au Monde. Il ajoute : « Nous avons su préserver l'esprit des années 1960 tout en modernisant les infrastructures. »
Un modèle pour d'autres villes ?
Cette transformation inspire d'autres communes confrontées à un déficit d'image. Des villes comme Le Touquet ou Saint-Cyprien étudient la possibilité de valoriser leur patrimoine architectural des Trente Glorieuses. Des experts en urbanisme soulignent que la réhabilitation de quartiers modernistes peut être un levier de développement économique et touristique.
Cependant, certains critiques pointent les risques de gentrification et de hausse des prix, qui pourraient exclure les habitants modestes. La mairie assure mettre en place des politiques de logement social pour maintenir la mixité sociale.



