Hôtel de Paris Saint-Tropez : 95 ans d'histoire et de renaissance
Hôtel de Paris Saint-Tropez : 95 ans d'histoire

L'Hôtel de Paris Saint-Tropez, bâtiment emblématique à l'entrée du village, fête cette année ses 95 ans. Après avoir été laissé à l'abandon en 1992, il a été «ramené à la vie» grâce à l'acquisition du terrain par Claude Dray il y a 25 ans. L'architecte François Vieillecroze, signataire de sa transformation, publie un ouvrage intitulé «Tel le Phénix» qui retrace cette épopée architecturale et humaine.

Une visionnaire : Augustine Aubour

François Vieillecroze explique que la première visionnaire fut Augustine Aubour, qui tenait le Bar du Littoral avec son mari Marcelin. Dès les années 1930, elle pressentait l'essor touristique du village et décida de construire un «petit hôtel» pour les estivants et les artistes parisiens. Le rêve de la famille Aubour est né en 1931.

L'architecte, qui a connu Claude Dray, décrit un homme d'affaires acharné, patriarche charismatique. Sa disparition soudaine en 2011 aurait pu tout arrêter, mais sa veuve Simone a insisté pour que le chantier se poursuive, afin d'achever l'œuvre de son mari.

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Un chantier titanesque

Le bâtiment, qui s'étend sur dix niveaux dont six en sous-sol, a présenté des défis techniques majeurs. Dès le premier mètre creusé, on rencontre de l'eau. Les études de sol ont révélé un rocher extrêmement dur d'un côté (indice 97 sur 100) et de la vase sans fond de l'autre. La solution a été trouvée grâce à un technicien de la SOCOTEC : des parois moulées et des voiles de béton descendus sous terre pour compenser le manque de portance.

François Vieillecroze, qui a commencé sa carrière en Guyane lors de son service militaire, a ensuite travaillé avec l'architecte Marc Nebinger avant de s'installer à Saint-Tropez en mai 1981. Il confie : «Rien ne me prédisposait à ce métier, mais il était en moi.»

Une piscine au plafond

Le défi le plus fou fut la piscine aérienne. Claude Dray voulait un puits de lumière central dans le hall. L'architecte lui propose alors une piscine à fond de verre sur le toit, une première mondiale. Claude Dray accepte sans hésiter. Cependant, malgré des études poussées et une maquette grandeur nature, des fuites sont apparues. La piscine a finalement été recouverte d'un liner blanc soudé, perdant sa transparence. L'architecte regrette ce compromis : «L'idée originelle était d'entrer dans le hall et de voir les gens nager au plafond !»

Un lieu people dès les années 50

Dès les années 1950, l'hôtel devient un lieu prisé des tournages. Bourvil, Brigitte Bardot, Yul Brynner, Omar Sharif, Audrey Hepburn, Raimu, Jack Palance, Jean-Louis Trintignant y ont séjourné. Pour «Le Gendarme de Saint-Tropez», l'hôtel a servi de loges à Louis de Funès et Michel Galabru. Le tournage du «Viager» avec Serrault et Galabru y a aussi organisé des castings de figurants.

En 1987, l'hôtel a accueilli la pesée du combat de boxe pour le titre WBA poids lourds-légers entre Evander Holyfield et Ossie Ocasio, sur le parking du Nouveau Port.

L'avenir : le Yaca

François Vieillecroze travaille actuellement sur un nouveau projet : la rénovation de l'hôtel Yaca, dans la vieille ville de Saint-Tropez. Contrairement à l'Hôtel de Paris, il s'agit de rénover l'existant «dans l'esprit», en trois tranches sur trois ans, hors saison.

L'ouvrage «Tel le Phénix», signé Henri Lameyre, est disponible à l'Hôtel de Paris Saint-Tropez. Il détaille notamment le lustre monumental de l'entrée, composé de 3 500 pétales d'aluminium couleur ivoire.

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