Groupe Isidore : un siècle de diversification face à la crise agricole
Groupe Isidore : 100 ans de résilience en agriculture

Le Groupe Isidore tire son épingle du jeu en pleine crise de l’agriculture et de la viticulture grâce à une stratégie de diversification et de développement territorial. Hasard ou pas, si l’on en croit les livres anciens, Saint-Isidore était le saint patron des agriculteurs…

Des origines modestes à un empire régional

Fondé par Abel Isidore et son épouse Marie-Louise en 1926, le groupe éponyme dont le siège se trouve à Gémozac, en Saintonge, est devenu, un siècle plus tard, un incontournable du négoce agricole dans toute la région. L’année 1926, ô combien symbolique pour la famille Isidore, marque le début des activités et aussi la naissance de Michel Isidore, le 9 juin, personnage majeur dans l’essor que va connaître l’entreprise.

« Au départ, ce n’était qu’une petite cabane, au croisement où se trouvait la gare et où s’arrêtaient les trains, au lieu-dit Le Roc des Aires à l’entrée de Gémozac. Mon arrière-grand-père en a fait une épicerie », rembobine Stéphanie Bureau, l’actuelle présidente directrice générale du groupe. « On y vendait de la pomme de terre, des noix, de la chaux… De tout, l’essentiel et le superflu, le quotidien et les petits plaisirs. »

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De la vigne aux céréales

Au fil des années, l’entreprise prend une tout autre ampleur. D’abord en 1933 avec la construction d’un four à chaux puis, en 1935, avec celle de la distillerie de marc transformée ensuite en distillerie de cognac. À partir de 1955, les camions de l’entreprise sillonnent la région. Le père et le fils Isidore arpentent les routes de campagne. Pendant ce temps, Marie-Louise tient l’épicerie. L’activité vin fonctionne avec des courtiers. C’est ainsi que, petit à petit, la famille développe l’approvisionnement chez les clients. D’abord la vigne, puis les céréales dans les années 1970, afin de s’étendre sur toute l’année.

Dans les années 1980, le grand-père pousse encore les frontières, en Charente avec un site à Malaville, et diversifie l’activité avec des aliments pour animaux. En 1986, avec son ami François Gabillaud, il crée la Société d’approvisionnement des 2 Rives à Cérons en Gironde. Un premier pas pour un nouveau vignoble : le Bordelais. Le début d’un fort développement avec le rachat de divers négoces, dans le Saint-Émilion, le Médoc et dans le Bourgeais Blayais. « Le développement de l’entreprise s’est clairement fait en développement de notre maillage territorial », indique Stéphanie Bureau.

Une nouvelle gouvernance

Entrée dans l’entreprise en 2009 au service des ressources humaines, Stéphanie Bureau a été nommée PDG en décembre 2024, succédant à son oncle Dominique. Ce dernier, tout comme Annie Isidore, reste actif dans l’entreprise malgré un départ à la retraite il y a deux ans. « Ils continuent de m’épauler et d’être à mes côtés », se réjouit la PDG.

Faire face à des marchés volatils

« Les marchés sont devenus de plus en plus volatils au fil des années », pointe encore celle qui gère aujourd’hui toute l’activité collecte et céréales, la partie achat, trading et mise en marché. « Dans le contexte actuel, il faut prendre des positions et des décisions sans prendre de risques significatifs. C’est une stratégie avec beaucoup de sécurisation. On a une activité qui reste stable, rentable et qui permet la pérennité du groupe. Nous sommes une entreprise familiale et qui le restera ! »

Car la crise est bien présente. « Oui, sur les deux principaux vignobles sur lesquels nous sommes présents. Un contexte compliqué aussi pour la grande culture où la rentabilité des exploitations devient fragile. Chez nous, cela se traduit par une baisse du chiffre d’affaires, liée sur la Gironde principalement aux arrachages depuis deux ans et à la mise en jachère sur les Charentes au niveau de la grande culture. »

Chiffres clés et perspectives

Aujourd’hui, le groupe est le 11e négoce français. Il effectue 85 000 tonnes de collecte par an. Il compte 150 salariés, 15 filiales et réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 95 M€. C’est moins qu’en 2024 où le groupe atteignait près de 125 M€ de CA, le plus haut jamais atteint. « Mais ce n’est pas parce qu’on baisse de 30 M€ que l’on a zéro de résultat… », rappelle Stéphanie Bureau.

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Le 24 avril dernier, le groupe a célébré ses 100 ans au Centre des congrès de Haute-Saintonge, à Jonzac. Plus de 700 personnes étaient présentes - collaborateurs, clients et partenaires - pour une grande soirée festive et conviviale. L’occasion aussi de dévoiler le nouveau logo, accompagné d’un nouveau slogan : « Votre terre, notre engagement. »