Alan Greenspan, le magicien de la Fed face au ralentissement américain
Greenspan, le magicien de la Fed face au ralentissement

Depuis quatorze ans, le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, passe pour le magicien de l'économie mondiale. Alors qu'outre-Atlantique un ralentissement de la croissance se fait sentir, sera-t-il à la hauteur de sa réputation ?

Un cerveau d'exception

Ce 5 août 1970, Alan Greenspan n'est encore ni demi-dieu ni président de la Fed. Juste un consultant en économie, planté sur un trottoir de Wall Street au milieu de centaines d'employés évacués de leur immeuble par les pompiers. De la rue, il compte les fenêtres à partir du rez-de-chaussée, 30, 31, 32... pour arriver à une conclusion objective et désolante : les flammes infernales émanent bien du 33e étage, en partie occupé par les bureaux de son entreprise Townsend-Greenspan Inc, là où, dix minutes plus tôt, il a abandonné des milliers de pages de prévisions économiques. Sa collaboratrice, Kathryn Eickhoff, entrevoit déjà les cendres de plusieurs mois de labeur. Alan Greenspan, plissant les yeux derrière ses lunettes loupes, se tourne alors vers elle : "Ne t'en fais pas, Kathy, nous n'avons rien perdu." Il se touche la tempe de l'index : "Tout est là."

S'il a inspiré le film La Tour infernale, l'incendie n'a pas touché le bureau de Greenspan. Pourtant, trente et un ans plus tard, c'était bien vrai, "tout est là" dans les méninges du grand maître des taux d'intérêt américain, gardien du premier système bancaire de la planète.

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Le maître d'orchestre de la croissance

Les commentaires haletants des chaînes financières, des milliers d'articles dans les pages Business, deux biographies récentes, Maestro, du célèbre Bob Woodward, et L'Homme derrière l'argent, de Justin Martin, voient dans ce cerveau un immense signe dollar planté comme la clef de sol d'une mélodie du bonheur. Docteur en économie doublé d'un musicien professionnel, Alan Greenspan serait le maître d'orchestre de dix années de croissance, masquées par un chômage infime, des profits records et une inflation nulle. Face au ralentissement qui frappe les États-Unis, le maestro saura-t-il, une fois de plus, jouer la bonne partition ?

En quatorze ans de règne, sa surveillance des banques et son ascendant sur les golden boys du New York Stock Exchange ont garanti la sérénité mondiale. Un banquier l'a comparé au "bon Dieu dans un bon jour". En 1996, au cours de l'un de ses discours les plus soporifiques, il n'a eu qu'à prononcer ces deux mots, "exubérance irrationnelle", pour dégonfler de 100 points la bulle spéculative de Wall Street. Aux yeux d'un peuple de boursicoteurs, cette silhouette noueuse, cette trogne de Woody Allen matheux évoquent le nouveau Superman. Celui qui les a sauvés du cataclysme après la dégringolade boursière de 1987 et la crise asiatique de 1998.

Un pouvoir venu d'ailleurs

Le culte qu'on lui voue ignore la mesure : pendant le psychodrame qui a suivi, en Floride, l'élection présidentielle, les électeurs auraient pris leur mal en patience, car ils connaissaient le nom de leur véritable ange gardien : Greenspan. Pourtant, ce républicain bizarre, disciple et ami d'Ayn Rand, philosophe du capitalisme roi, arbore des idées personnelles, trop marginales pour gagner la moindre élection nationale ; ses talents d'orateur ne lui ouvriraient même pas une présidence de Rotary Club. Mais sa légitimité de chef d'État honoraire lui a permis de tenir tête à deux présidents - Ronald Reagan et Bush père - et de s'entendre fort bien avec le dernier occupant, démocrate, de la Maison-Blanche. Les politiques passent. Greenspan reste ; ses inclinations intellectuelles très libérales ne lui interdisent ni pragmatisme ni sens politique. En poste depuis 1987, il a entamé, à 74 ans, son quatrième mandat.

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Les électeurs lassés des politiciens savent apprécier ce pouvoir venu d'ailleurs ; le mystère de ce costume éternellement fripé et de ce job incompréhensible, rétribué une misère de 140 000 dollars, à peine la paie d'un débutant à Wall Street. Le président est nommé pour quatre ans à la tête de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, à Washington, chargée d'élaborer la réglementation des institutions financières, d'en assurer le contrôle et de "mener la politique monétaire du pays". Cette dernière tâche revient plus particulièrement au Federal Open Market Committee, un aréopage de 12 gouverneurs, que préside Greenspan. Réuni trois fois par an autour de l'énorme table d'acajou et de granit de la Fed, ou par téléconférence, le comité peut décider de donner un coup de pouce à l'économie ou, au contraire, de la ralentir, si sa surchauffe dégénère en inflation.

Le secret absolu

Le président, ultime décideur, dispose ainsi de trois leviers : l'augmentation ou la diminution du taux des crédits à court terme que la Fed consent aux banques ; la modulation du montant de leurs dépôts de réserves obligatoires auprès de la banque centrale ; enfin, la vente ou l'achat de titres sur le marché du crédit interbancaire. Ce système, complexe, repose sur une règle simple : le secret absolu, obsessionnel, précédant toute intervention de la Fed.

Il oblige les télés, avant chaque réunion du comité, à spéculer sur le poids et le contenu du cartable du président, indice comique d'intervention sur les taux. Seule obligation du maître du crédit : ses auditions biannuelles devant la commission des Finances du Sénat. Mais elles n'éclaircissent en rien ses intentions. Le 13 février, les sénateurs, réunis pour entendre son discours sur l'état de l'économie, souhaitent surtout savoir si George W. Bush, nouveau président de la première puissance mondiale, convient au patron de la Fed. Plus clairement : les 1 600 milliards de dollars de baisse d'impôts promis par le candidat trouvent-ils grâce à ses yeux ? La réponse est typiquement filandreuse : il préférerait que le surplus budgétaire soit affecté au remboursement de la dette nationale, ce qui réduirait les taux d'intérêt à long terme. Mais, tant qu'à rassurer les consommateurs, inquiets d'un ralentissement de la croissance, pourquoi ne pas leur offrir ce petit bonus psychologique ?

Indépendance et pragmatisme

Dans l'heure, il déclenche un chaos médiatique, illustrant la difficulté d'être Alan Greenspan. Devant le satisfecit accordé à George W., certains craignent qu'il n'ait perdu son indépendance. Pourtant George Herbert Walker Bush, père de George W., pourrait témoigner du contraire. Il estime avoir perdu les élections de 1992, parce que Greenspan aurait trop tardé à relâcher les taux d'intérêt. "La reprise était là et il suffisait de la rendre plus visible pour que je garde la présidence, ronchonnait-il encore pendant la campagne de son fils. Je l'ai reconduit dans ses fonctions et il m'a déçu."

Bush père aurait été mal avisé de miser sur la docilité de la Fed. Ronald Reagan, son prédécesseur, avait déjà commis cette erreur. En 1982, il avait hérité de Paul Volcker, démocrate nommé par Jimmy Carter pour mater les démons de l'inflation. Entre l'austère cerbère du dollar et l'impérial Reagan, artisan du pire déficit budgétaire de l'histoire américaine, le courant ne passait pas. En 1987, moins d'un an et demi avant l'élection présidentielle, Volcker remet sa démission. Son remplaçant s'appelle Alan Greenspan, déjà une sommité dans le monde des économistes ; ancien conseiller de campagne de Richard Nixon, patron du Council of Economic Advisers de Gerald Ford ; consultant privé adulé par Wall Street et par le gratin de Washington. En prime, un républicain, qui n'aurait ni le cœur ni le temps de ralentir la croissance à la veille des élections. Greenspan entre en fonction le 11 août 1987. Le 4 septembre, il remonte le taux d'escompte à 6%. Un mythe vient de naître.

Un parcours hors du commun

L'Amérique voit en Greenspan le nouvel Henry Kissinger, héraut de la real economy comme Kissinger avait été celui de la realpolitik. L'ironie veut que les deux hommes aient travaillé à la Maison-Blanche à l'époque de Gerald Ford et envisagé d'ouvrir ensemble un cabinet de consultants internationaux. Tous deux s'étaient découvert un passé commun. Sans jamais s'être rencontrés, ils fréquentaient, dans les années 30, la même école secondaire de Washington Heights, un quartier juché au-dessus de Harlem, bondé d'immigrants juifs. Les familles s'entassaient à dix dans des meublés de deux pièces et envoyaient leurs enfants en classe la nuit, faute de places le jour. Kissinger, tout juste échappé de la Bavière nazie, faisait alterner un job de coursier d'imprimerie et les tableaux d'honneur de l'école. Alan, plus jeune de trois ans, ne déméritait pas non plus. La crise de 1929 avait eu raison des trois sous d'économie de ses parents et parachevé la ruine de leur mariage. Depuis le départ de Herbert Greenspan, un petit businessman un rien immature, l'enfant partageait avec sa mère, Rose Goldsmith, vendeuse dans un magasin de meubles, la minuscule salle à manger des grands-parents maternels.

L'école était une échappatoire, un terrain de conquête où il excellait, mémorisant avant l'âge toutes ses tables de multiplications, compilant, par dévotion au base-ball, des tableaux statistiques à entrées multiples où figuraient la distance des strikes et l'angle de frappe des balles. La petite tête d'oeuf ne manquait pas de sensibilité. L'écho lointain des crimes nazis l'avait conduit à monter une association de justiciers du quartier, bardés d'insignes d'agents secrets. La musique, aussi, le passionnait : elle offrait l'occasion de serrer un peu les filles près des juke-boxes et de participer aux fastes de l'orchestre de la Washington High School. À 15 ans, Alan, tenté par une carrière professionnelle, suivait les cours de saxo et de clarinette du célèbre Bill Sheiner, au côté d'un copain du Bronx, un surdoué nommé Stan Getz, bientôt mondialement connu pour sa Fille d'Ipanema. Deux ans plus tard, il entrait à la prestigieuse Juilliard School of Music de New York. Pas pour longtemps. Les cours le barbent et une audition du Henry Jerome Band, un tout nouveau groupe de swing, lui offre l'occasion de prendre le large, de partir en tournée.

De la musique à l'économie

L'aventure durera moins de trois ans ; juste le temps de comprendre qu'il n'a ni le don ni le feu sacré. Bon musicien, Greenspan ne peut pourtant prétendre au solo et trompe l'ennui en réglant la comptabilité du groupe et son intendance. À chaque entracte, il se charge de rameuter ses camarades partis fumer des joints dans les arrière-salles. Lorsque le Henry Jerome Band rate le tournant du be-bop, Alan Greenspan est déjà inscrit en fac d'économie.

La musique l'avait éloigné de son père. L'économie ne le ramène pourtant pas à lui. Quand son fils avait 9 ans, Herbert Greenspan lui avait offert, lors de l'une de ses rares visites, un livre écrit par lui, pompeuse dédicace comprise, sur le miracle du New Deal, fondé sur les grands travaux d'État. Alan a embrassé la thèse contraire. À l'université, il ne jure que par son prof Arthur Burns, adepte des observations statistiques rigoureuses et du laisser-faire capitaliste. Ce mentor, futur patron de la Fed, commence ses cours par une sempiternelle question : "Quelle est la cause de l'inflation ? Les dépenses publiques excessives sont la cause de l'inflation ?"

À l'époque, Greenspan découvre aussi la jolie Joan Mitchell, étudiante en histoire de l'art. À peine marié, en 1952, il se noie dans le travail au sein des tout nouveaux services de prévision économique du Conference Board, puis pour sa propre entreprise de conseil, Townsend-Greenspan. Joan, elle, fréquente de plus en plus le cercle des fidèles d'Ayn Rand, romancière à succès et philosophe en vogue de l'objectivisme, une doctrine libertaire et athée qui promeut la supériorité morale du capitalisme et celle de la logique sur l'émotion. Le couple se voit de moins en moins et divorce en 1953. Les deux ex deviennent les meilleurs amis du monde.

Traîné par Joan aux réunions nocturnes du collectif créé par la romancière, celui qu'Ayn Rand surnomme le "croque-mort" devient vite l'un de ses plus fidèles disciples et son interlocuteur préféré. Ses goûts philosophiques lui vaudront des ennuis : les atermoiements des démocrates du Congrès lors de sa nomination à la tête de la Fed en 1987, contre un candidat hostile aux lois antitrust et aux programmes sociaux, et la rage des anciens du collectif à l'égard de leur ex-camarade, "promu à la tête de l'institution la plus dirigiste d'Amérique". Paradoxe ? "Greenspan est avant tout un pragmatique, de l'espèce la plus flexible", confie Justin Martin, son biographe.

L'entrée en politique

Sa rencontre avec Richard Nixon tient du hasard. En 1968, il retrouve un ancien du Henry Jerome Band, devenu conseiller de campagne du candidat à la présidentielle. Alan Greenspan participe vite à l'élaboration du programme électoral républicain. Chargé des questions budgétaires liées à la passation de pouvoirs, il dénonce la sous-évaluation par Johnson (prédécesseur de Nixon) des coûts de la guerre du Vietnam et propose, en bonne logique, la suppression de la conscription. L'idée lui vaut une proposition : un poste au Council of Economic Advisers, qu'il refuse, par méfiance, justifiée, envers l'entourage du président et son caractère.

De New York, Greenspan attend son heure. Elle arrive après le Watergate. Son mentor Arthur Burns, patron de la Réserve fédérale, l'a recommandé à Gerald Ford, aux prises avec le couple maudit inflation-chômage. Le nouveau conseiller présidentiel fait preuve de souplesse : arrivé à Washington pour proposer l'austérité budgétaire, il conseille bientôt une politique de relance par la baisse des impôts et prend position sur les dossiers les plus visibles, la rocambolesque et gigantesque vente de blé à l'URSS, le sauvetage fédéral de la ville de New York, en faillite. En 1975, pour la première fois, le visage de l'austère économiste orne la couverture de Newsweek. S'ensuit un déluge d'invitations et de demandes d'autographes. Washington lui ouvre les bras, et ses dames aussi ?

Sauveur et gourou des investisseurs

Le patron de la Fed, remarié depuis 1997, après douze ans de vie commune, avec la journaliste de télévision Andrea Mitchell, semble marquer une prédilection pour les femmes de médias. Sa précédente compagne était productrice pour les informations de la chaîne publique, et, dans les années 70, il est longtemps apparu, sous les flashs, au bras de la star du news, Barbara Walters. Greenspan, rarement accompagné pendant ses années étudiantes, a multiplié les conquêtes après son premier mariage. Aussi charmant soit-il, sa liaison avec Barbara est moins passionnelle que médiatique. Elle rappelle les sorties, très arrangées, à la même époque, de Henry Kissinger avec les plus belles actrices de Hollywood. Ces pactes ont certainement stimulé une carrière tout entière vouée à un autre amour. Celui des chiffres.

À tout moment, une simple pression sur la lettre A de son clavier d'ordinateur lui donne accès à 50 tableaux successifs affichant le niveau des taux d'intérêt, du Dow Jones, des bons du Trésor, du pétrole ? Les jours calmes, l'ex-statisticien du base-ball ne consulte ses données que toutes les demi-heures, le temps d'éplucher d'autres indices. Greenspan, qui n'a obtenu son doctorat qu'en 1977, alors qu'il était déjà à la Maison-Blanche, se veut moins un théoricien qu'un tâcheron de l'analyse ; un fouineur capable de repérer une baisse prochaine de la consommation en observant les courbes de chiffre d'affaires du syndicat de la blanchisserie ; un ralentissement économique dans les tonnages du transport ferroviaire, le vilain museau de l'inflation dans les stocks de ferraille.

La gestion des crises

La chute des marchés ? Le 19 octobre 1987, le boss, en vol pour Dallas, était loin de ses ordinateurs. À son arrivée, deux heures plus tard, Wall Street avait plongé de 508 points : 1 000 milliards de dollars, soit 20% de la valeur des actions, s'étaient désintégrés. Quelle qu'ait pu être sa responsabilité - une hausse trop brutale des taux - sa réaction a été exemplaire. Greenspan connaît bien l'enchaînement funeste de 1929 : la chute des cours, suivie d'une panique des banques et d'une paralysie du crédit. Il déverse les liquidités, harcèle les plus gros opérateurs pour qu'ils maintiennent leurs financements. La catastrophe est évitée.

Ce n'est pas la dernière. En 1995, le Congrès refuse de lancer le sauvetage de la monnaie mexicaine, qui menace d'entraîner dans sa chute des milliards de dollars de placements américains. Greenspan reçoit lui-même, en secret, l'élite des journalistes financiers pour un point de presse anonyme et donne son aval à Clinton pour une opération par décret. Quatre ans plus tard, pressentant la contagion de la crise des monnaies asiatiques, il inonde le pays de liquidités, confirme la solidité de l'économie. La vague effleure seulement les États-Unis.

Le mythe s'effondre-t-il ?

Ces exploits, ces réactions habiles ont nourri un culte. Mais dix ans d'idolâtrie risquent aujourd'hui de se retourner contre lui. "On a cru qu'il pouvait marcher sur l'eau, ironise un banquier. Avec le ralentissement de l'économie, nous allons savoir s'il est seulement un bon nageur ?" Le mythe s'effondre-t-il ? Le miracle américain peut-il se résumer à un plein-emploi historique qui n'aurait pas entraîné d'inflation ? Un phénomène que les progrès technologiques, l'extraordinaire productivité des salariés expliquent autant que la vigilance de la Fed ?

L'effet Greenspan tient sans doute aux multiples "frappes préventives", six augmentations de taux, effectuées entre 1995 et 1997, par pure intuition d'un dérapage des prix. "Lorsqu'on voit les yeux de l'inflation, il est déjà trop tard", a-t-il rappelé à un Clinton furibard. Ce dernier, par admiration autant que par calcul politique, a pourtant contribué à la sanctification de la Réserve fédérale, en partageant ostensiblement le pouvoir économique, et ses risques, avec son "cher Alan", sauveur et gourou des investisseurs et de la Bourse. À peine élu, le président lui a joué un tour pendable, pour s'approprier sa magie et s'allier les marchés à peu de frais : le patron de la banque centrale, invité au premier discours sur l'état de l'Union, se retrouve placé entre Hillary Clinton et Tipper Gore, en pleine ligne de mire des caméras, obligé d'applaudir debout, 20 fois de suite, et devant toute la planète, un démocrate dont il ignore encore tout. Leurs relations sont restées cordiales. Greenspan a pu apprécier la sincère rigueur budgétaire du président, et Clinton, assister à l'apogée du sorcier des taux. Un Greenspan objet de trop de gloire, sans doute, et qui sait, un jour, de trop de ressentiments ?