Un projet de fusion qui divise les équipes de recherche
Le projet de fusion entre l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), deux institutions majeures de la recherche économique en France, fait face à une opposition croissante au sein même de leurs équipes. Cette initiative, portée par les tutelles des deux centres, vise à créer une entité unique pour renforcer l'expertise économique française à l'international.
Des craintes sur l'indépendance et la qualité scientifique
Les chercheurs des deux instituts expriment des réserves quant aux conséquences de cette fusion. Ils redoutent notamment une perte d'autonomie dans leurs travaux et une dilution de leurs spécificités thématiques. L'OFCE, connu pour ses analyses sur la conjoncture française et européenne, et le CEPII, spécialisé dans les études économiques internationales, pourraient voir leurs identités distinctes s'estomper.
Les critiques portent également sur les modalités pratiques du rapprochement. Les équipes s'interrogent sur la gouvernance future de la nouvelle structure, les moyens alloués à la recherche et les impacts sur leurs conditions de travail. Certains chercheurs craignent que cette fusion ne soit motivée davantage par des considérations budgétaires que par une volonté d'améliorer la production scientifique.
Un contexte de rationalisation des moyens publics
Ce projet s'inscrit dans un mouvement plus large de restructuration des organismes de recherche publics en France. Les tutelles des deux centres, dont le ministère de l'Économie, défendent cette fusion comme un moyen d'optimiser les ressources et de renforcer la visibilité internationale de la recherche économique française.
Cependant, les opposants internes estiment que cette rationalisation pourrait se faire au détriment de la diversité des approches et de la liberté académique. Ils soulignent que la complémentarité actuelle entre l'OFCE et le CEPII est un atout qui pourrait être fragilisé par une fusion trop rapide ou mal préparée.
Les prochaines étapes du processus
Les discussions se poursuivent entre les directions des deux centres, leurs tutelles et les représentants du personnel. Un calendrier de mise en œuvre devrait être précisé dans les prochains mois, mais les résistances internes pourraient conduire à des aménagements du projet initial.
Les chercheurs concernés appellent à une consultation plus large et à une évaluation approfondie des impacts scientifiques avant toute décision définitive. L'issue de ce débat pourrait influencer d'autres projets de regroupement dans le paysage de la recherche publique française.



