Le tribunal de commerce de Toulouse a placé la SAS Fibre Excellence en redressement judiciaire le 27 avril, avec une période d'observation de six mois. L'entreprise, propriétaire des deux dernières usines de pâte à papier en France, situées à Tarascon (Bouches-du-Rhône) et à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), emploie 270 salariés à Tarascon et 670 au total sur les deux sites. La prochaine audience est fixée au 3 juin pour examiner la trésorerie, tandis que les offres de reprise seront étudiées le 17 juin. Les représentants syndicaux se montrent pessimistes quant à l'avenir.
Une situation critique
Fibre Excellence est confrontée à une concurrence internationale féroce, notamment du Brésil et des pays asiatiques, sur le marché de la pâte à papier. L'entreprise, qui produit également de l'électricité à partir de bois de trituration (environ 1 million de tonnes par an), subit une hausse du prix du bois qui a doublé depuis 2021. De plus, le prix de rachat de l'électricité issue de la biomasse est jugé insuffisant. Le groupe, qui manquait de trésorerie et ne pouvait compter sur le soutien de son actionnaire indonésien, s'était déclaré en cessation de paiements le 15 avril dernier.
Les usines à l'arrêt
Selon Laurent Quinto, représentant syndical CGT de l'usine de Tarascon, les deux sites sont à l'arrêt ou en cours d'arrêt. À Tarascon, l'arrêt de l'usine menacerait non seulement les 270 emplois directs, mais aussi de nombreux emplois indirects dans la région. "On fait travailler le pays d'Arles, le port d'Arles, le port de Sète, Beaucaire et d'autres communes du Gard, les transporteurs, ceux qui font la maintenance… C'est énorme", explique-t-il. Près de 1 000 personnes interviennent régulièrement pour l'entretien de l'usine ou d'autres tâches, générant des revenus conséquents pour les hébergeurs et restaurateurs locaux. Une fermeture serait catastrophique pour Tarascon et toute la région.



