L'État allemand a officiellement acquis une participation dans le capital de KNDS, le groupe franco-allemand spécialisé dans les véhicules blindés, marquant une étape décisive vers son introduction en Bourse. L'annonce a été faite ce lundi 22 juin 2026, confirmant les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs mois.
Une entrée au capital historique
Selon un communiqué conjoint des ministères de la Défense français et allemand, l'Allemagne a pris une participation de 25,1 % dans KNDS, via l'agence fédérale KfW. La France, de son côté, détient déjà 25,1 % via l'Agence des participations de l'État (APE). Les 49,8 % restants sont détenus par les familles fondatrices et des actionnaires privés.
Cette opération, dont le montant n'a pas été divulgué, permet à l'Allemagne de siéger au conseil de surveillance de KNDS aux côtés de la France. « C'est une avancée majeure pour la consolidation de l'industrie de défense européenne », a déclaré le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, dans le communiqué.
KNDS, un champion européen du blindé
KNDS est né en 2015 de la fusion de l'allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) et du français Nexter. Le groupe est un leader mondial des chars de combat, notamment avec le Leopard 2 et le Leclerc, et des véhicules blindés comme le Boxer et le VBCI. En 2025, KNDS a réalisé un chiffre d'affaires de 8,5 milliards d'euros, en hausse de 12 % par rapport à 2024, porté par la demande accrue liée aux tensions géopolitiques.
« L'entrée de l'Allemagne au capital est un signal fort de la volonté commune de renforcer notre base industrielle et technologique de défense », a ajouté Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense.
Vers une introduction en Bourse
L'objectif affiché est de préparer KNDS à une introduction en Bourse d'ici 2028. « Cette étape nous permet de franchir un cap en termes de gouvernance et de transparence, conditions nécessaires pour accéder aux marchés financiers », a expliqué un porte-parole de KNDS.
L'opération valoriserait KNDS entre 10 et 12 milliards d'euros, selon des sources proches du dossier. L'introduction en Bourse permettrait au groupe de lever des fonds pour financer ses programmes de recherche et développement, notamment le futur char de combat franco-allemand (MGCS) et le système d'artillerie du futur.
Un modèle de coopération franco-allemande
Cette prise de participation conjointe des deux États dans un même groupe industriel est une première dans le secteur de la défense. « C'est un modèle de coopération que nous espérons voir se développer dans d'autres domaines, comme l'aéronautique ou le naval », a souligné Sébastien Lecornu.
Les deux États ont également convenu de mettre en place un pacte d'actionnaires garantissant un équilibre des pouvoirs. Aucune décision stratégique majeure ne pourra être prise sans l'accord des deux parties.
L'annonce a été bien accueillie par les marchés financiers. L'action de KNDS, cotée à la Bourse de Paris et de Francfort, a bondi de 5,2 % à l'ouverture ce lundi.



