L'OCDE tire la sonnette d'alarme sur l'explosion de la dette mondiale
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier son édition 2026 du rapport sur la dette mondiale, et les chiffres sont édifiants. L'année dernière, le stock global de la dette des États et des entreprises du secteur privé a atteint un montant record d'environ 109 000 milliards de dollars. Cette accumulation sans précédent soulève des questions cruciales sur la stabilité financière internationale et les capacités de remboursement futures.
Une dette publique des pays développés qui bat tous les records
Dans les pays développés, la situation est particulièrement préoccupante. L'en-cours de la dette publique, dite souveraine, s'élevait fin 2025 à un niveau jamais atteint de 61 000 milliards de dollars. Ce chiffre marque une augmentation significative par rapport aux 55 000 milliards de dollars enregistrés un an auparavant, illustrant une tendance à l'endettement massif des économies avancées.
Par catégories d'emprunts, les obligations à taux fixe dominent largement le paysage, représentant environ 76 % du stock total. Elles sont suivies des bons du Trésor (environ 15 %), des titres indexés sur l'inflation (environ 8 %) et de la dette à taux variable (environ 2 %). Cette répartition montre une préférence marquée pour les instruments de dette à rendement prévisible, malgré un environnement économique incertain.
Stabilité du ratio dette/PIB, mais perspectives inquiétantes
En 2025, le ratio de la dette des administrations publiques rapportée au PIB est quant à lui resté stable dans les pays de l'OCDE, à 83 %. Cependant, les projections pour cette année sont moins rassurantes : ce ratio devrait se hisser à 85 %, soit 39 points de pourcentage de plus qu'en 2007, avant la crise financière mondiale des subprimes. Cette évolution témoigne d'une dégradation structurelle des finances publiques sur le long terme.
Des besoins de refinancement qui atteignent des sommets
Les besoins de refinancement de la dette souveraine ont atteint dans les pays de l'OCDE un niveau record d'environ 13 500 milliards de dollars, contre 12 000 milliards d'USD en 2024. Ils devraient encore progresser de 1 000 milliards d'USD en 2026, représentant ainsi 19 % du PIB des pays concernés. Cette pression croissante sur les marchés financiers pourrait compliquer la gestion de la dette à l'avenir.
À eux seuls, les États-Unis et le Japon représentent près de 80 % du total de ces besoins de refinancement. Le rapport note une évolution contrastée : « Toutefois, alors que la part du Japon est passée de 16 % en 2020 à 7 % en 2025, celle des États-Unis est passée de 57 % à 70 % ». Cette concentration accrue sur les États-Unis soulève des interrogations sur les risques systémiques associés.
Les pays émergents et le secteur privé également concernés
Dans les pays émergents, les émissions d'obligations souveraines ont également atteint un niveau record en 2025, à 3 400 milliards de dollars, soit 21 % de plus qu'en 2024. Cette dynamique a porté l'en-cours total de la dette publique de ces pays à 12 100 milliards de dollars, un montant sans précédent qui pourrait fragiliser leur résilience économique en cas de choc.
Parallèlement, les emprunts émis sur les marchés financiers par les entreprises du secteur privé ont atteint en 2025 un volume inégalé de 13 700 milliards de dollars. Ceci a porté leur stock total de dette à 59 500 milliards de dollars, dont 36 400 milliards sous forme d'obligations et 23 100 milliards sous forme de prêts syndiqués. Le rapport de l'OCDE met en garde : « Compte tenu de l'ampleur des dépenses d'investissement nécessaires pour financer le développement de l'IA, les besoins d'emprunt des entreprises devraient continuer de croître fortement à l'avenir ». Cette perspective suggère que la course à l'endettement est loin d'être terminée, avec des implications majeures pour la croissance et l'innovation technologique.



