À Cuba, un conglomérat militarisé contrôle une part croissante de l'économie, renforçant le verrouillage économique et géopolitique de l'île. Alors que l'embargo américain se durcit, les entreprises dirigées par l'armée cubaine prospèrent, notamment dans le tourisme, l'énergie et les télécommunications. Cette mainmise militaire, héritée de la guerre froide, limite les réformes libérales et freine l'émergence d'un secteur privé dynamique. Les experts pointent un système hybride où l'armée agit comme un État dans l'État, contrôlant les ressources stratégiques et les flux financiers. Cette situation complexifie les négociations avec les États-Unis et l'Union européenne, tout en aggravant la crise économique que traverse la population cubaine.
Un modèle économique militarisé
Le Grupo de Administración Empresarial (GAE), bras économique des Forces armées révolutionnaires, gère des centaines d'entreprises dans des secteurs clés. Il détient des hôtels, des chaînes de magasins, des entreprises de construction et même une compagnie aérienne. Cette emprise s'explique par la nécessité historique de garantir la sécurité nationale, mais elle entrave la diversification économique. Les petites et moyennes entreprises privées, pourtant autorisées depuis 2021, peinent à rivaliser face à ce géant militarisé, qui bénéficie d'un accès privilégié aux devises et aux marchés étrangers.
Conséquences sur la population
La population cubaine subit de plein fouet les conséquences de ce système. Les pénuries de biens de première nécessité, l'inflation galopante et les salaires de misère contrastent avec les profits des entreprises militaires. Les réformes annoncées par le gouvernement, comme la décentralisation des entreprises publiques, tardent à se concrétiser. Les Cubains expriment leur mécontentement lors de manifestations sporadiques, réprimées par un appareil sécuritaire omniprésent. L'avenir économique de l'île reste ainsi suspendu à une libéralisation que l'armée semble peu encline à accepter.



