Économie française : résilience malgré les crises mondiales
Économie française : résilience malgré les crises

Malgré un contexte géopolitique particulièrement tendu, l'économie française garde le cap. Comment expliquer cette résistance aux soubresauts du monde ? Le point avec des représentants du secteur bancaire, aux premières loges pour analyser la situation.

Un contexte géopolitique explosif

Le conflit au Moyen-Orient fait flamber les prix du pétrole et provoque des secousses dans toutes les bourses mondiales. Cette crise s'ajoute à la guerre en Ukraine, elle-même survenue après une pandémie mondiale qui a mis le monde à l'arrêt. Ce cocktail explosif pourrait donner des sueurs froides au plus serein des économistes. Pourtant, dans les banques, l'heure n'est pas à l'affolement.

La Fédération bancaire française garde son calme

À la Fédération bancaire française, qui représente toutes les banques installées sur le territoire, on garde la tête froide. Maya Atig, la directrice générale, explique : « Les Français sont toujours pessimistes à propos de la conjoncture quand on les interroge. Mais à propos de leur propre entreprise ou de leur ménage, ils disent : « Je m'en sors ». Il y a un pessimisme d'ambiance qui ne se retrouve pas dans les chiffres. » En effet, malgré les tensions, les indicateurs ne sont jamais vraiment mauvais. La croissance se maintient à un rythme imperturbable de l'ordre de 0,3 % au premier trimestre 2026, loin de l'épouvantail de la récession.

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L'immobilier garde le cap

Le mot qui revient sans cesse pour qualifier cette relative bonne santé économique est celui de résilience. Marqueur indéniable de cette résistance, les taux d'intérêt. Les crédits aux particuliers pour l'acquisition d'un bien ont enregistré une hausse très nette depuis trois ans et le déclenchement de la guerre en Ukraine. Mais depuis quelques mois, ils baissent de façon progressive pour se stabiliser autour de 3,10 % fin février 2026. C'est l'un des taux les moins élevés de la zone euro, où ils s'établissent autour de 3,37 % en moyenne. « Les remontées envisagées avec le conflit au Moyen-Orient ne se font pas encore sentir », note Olivier Constantin, le directeur général du Crédit agricole d'Aquitaine. « On voit que l'environnement instable ne freine pas immédiatement l'économie. »

Un développement porté par la décarbonation

Malgré la situation de polycrise actuelle, les besoins de développement restent présents. Depuis la guerre en Ukraine et le choc énergétique en Europe, les entreprises ont compris qu'il fallait retrouver une souveraineté, ce qui passe par des investissements. « Pour se décarboner, les entreprises doivent revoir leurs chaînes de production, expose Maya Atig. Pour cela, il faut engager des travaux. Elles ont également besoin de se diversifier, d'adapter leurs produits, de conquérir de nouveaux marchés. Aujourd'hui, elles se tournent vers l'Indonésie ou l'Amérique latine. Le potentiel reste énorme. » Une tendance que confirme Olivier Constantin au niveau régional : « L'Aquitaine a changé de physionomie en quelques années, notamment sur les énergies renouvelables. On constate le développement important des éoliennes ou du photovoltaïque. Et cela fait travailler énormément d'entreprises. » Face à ces crises multiples et incessantes, les milieux économiques ont appris à faire face et à se montrer réactifs.

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