Commandes d'avions neufs : Airbus creuse l'écart avec Boeing
Commandes d'avions : Airbus creuse l'écart avec Boeing

Au 31 juillet 2026, Airbus a enregistré 1 234 commandes nettes d'avions neufs, contre 456 pour son rival Boeing, selon les données publiées mardi 11 août. L'avionneur européen creuse ainsi l'écart avec l'américain, qui reste englué dans une série de difficultés industrielles et réglementaires.

Une avance qui se confirme dans les carnets de commandes

Les chiffres communiqués par les deux constructeurs montrent une dynamique contrastée. Airbus a vendu 1 234 appareils en net sur les sept premiers mois de l'année, tandis que Boeing n'en totalise que 456. Cette différence de 778 unités illustre la position dominante de l'européen sur le segment des avions monocouloirs, particulièrement prisé des compagnies low-cost et des transporteurs asiatiques.

En cumulé, le carnet de commandes d'Airbus dépasse désormais les 8 000 appareils, contre environ 5 000 pour Boeing. Cette avance se traduit également dans les cadences de production : Airbus prévoit d'atteindre 75 A320 par mois d'ici 2027, alors que Boeing peine à dépasser les 38 737 MAX mensuels en raison de problèmes de qualité et de chaîne d'approvisionnement.

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Boeing pénalisé par les déboires du 737 MAX et du 777X

Le constructeur américain continue de subir les conséquences des incidents du 737 MAX, dont le dernier en date remonte à janvier 2024 avec l'explosion en vol d'une porte sur un appareil d'Alaska Airlines. Ces événements ont conduit à un ralentissement de la production et à un durcissement des contrôles de la part des autorités de régulation. Par ailleurs, le programme 777X, lancé avec plusieurs années de retard, n'a toujours pas reçu sa certification, ce qui freine les commandes sur le segment des très gros porteurs.

Selon les analystes du secteur, la situation pourrait s'aggraver pour Boeing si les problèmes persistent. « Boeing doit rétablir la confiance des compagnies aériennes et des régulateurs, mais cela prendra du temps », explique un expert en aéronautique. « En attendant, Airbus capte une grande partie de la demande mondiale, notamment grâce à sa gamme A321neo, très performante sur les long-courriers régionaux. »

Une demande mondiale soutenue par la croissance du trafic aérien

Cette divergence entre les deux constructeurs s'inscrit dans un contexte de forte demande mondiale. L'Association internationale du transport aérien (IATA) prévoit une croissance annuelle du trafic passager de 4,3 % jusqu'en 2040, tirée par l'Asie-Pacifique et le Moyen-Orient. Les compagnies aériennes renouvellent leurs flottes pour réduire leur consommation de carburant et leurs émissions de CO2, ce qui profite principalement à Airbus, dont les appareils sont jugés plus efficaces sur ces critères.

Airbus a également bénéficié de contrats majeurs récents, comme celui signé avec la compagnie indienne IndiGo pour 500 A320neo, annoncé en 2023. Ces commandes massives ont permis à l'européen de consolider sa base industrielle et d'augmenter ses cadences, tout en maintenant un niveau de qualité élevé.

Des perspectives contrastées pour les deux constructeurs

Pour le reste de l'année, Airbus espère confirmer sa dynamique avec un objectif de 1 500 commandes nettes, tandis que Boeing vise un retour à la normale de ses livraisons. Cependant, l'américain doit encore faire face à des audits de la Federal Aviation Administration (FAA) et à des négociations avec ses fournisseurs, notamment Spirit AeroSystems, dont le rachat par Boeing a été finalisé en juillet 2026.

Les prochains mois seront décisifs pour Boeing, qui doit démontrer sa capacité à livrer ses appareils dans les délais et à regagner la confiance des clients. En attendant, Airbus continue de capitaliser sur son avance, avec un carnet de commandes qui garantit des années de production et une position de leader incontestée sur le marché des avions commerciaux.

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