Selon une étude publiée récemment, 60 % des PME françaises ne considèrent pas le changement climatique comme une priorité stratégique. Ce constat, établi par le cabinet de conseil Xerfi, révèle un décalage important entre les risques réels et la perception des dirigeants de petites et moyennes entreprises.
Une prise de conscience insuffisante
L'étude, réalisée auprès de 1 200 dirigeants de PME, montre que seulement 25 % d'entre eux ont mis en place un plan d'adaptation aux effets du réchauffement. Les autres estiment soit que le sujet n'est pas urgent, soit qu'il ne concerne pas leur secteur d'activité.
Pourtant, les conséquences économiques sont déjà mesurables. Les épisodes de sécheresse, les inondations ou les canicules ont entraîné des pertes de production estimées à 2 milliards d'euros en 2025, selon les données de la Caisse centrale de réassurance (CCR).
Des secteurs plus exposés que d'autres
Les secteurs de l'agriculture, du BTP et du tourisme sont particulièrement vulnérables. Pour autant, seuls 15 % des dirigeants de ces secteurs déclarent avoir identifié des risques spécifiques liés au climat dans leur chaîne de valeur.
Les PME industrielles sont également concernées, notamment celles qui dépendent de l'eau pour leurs processus de production. L'étude souligne que 40 % d'entre elles se trouvent dans des zones où les restrictions d'eau pourraient devenir plus fréquentes.
Des freins financiers et de compétences
Parmi les obstacles évoqués, le coût des investissements nécessaires arrive en tête, cité par 70 % des dirigeants. Le manque de temps et de compétences internes est également mentionné par 45 % d'entre eux.
Xerfi recommande de renforcer les dispositifs d'aide publique, notamment via des diagnostics gratuits et des subventions pour les petites structures. L'étude souligne aussi l'importance de former les dirigeants aux enjeux climatiques, car ils sont souvent les premiers décideurs de l'adaptation.
Un enjeu de compétitivité à long terme
À terme, les PME qui ne s'adaptent pas risquent de perdre des marchés, notamment auprès des grands donneurs d'ordre qui intègrent de plus en plus de critères environnementaux dans leurs appels d'offres. Selon l'étude, 30 % des grandes entreprises interrogées déclarent déjà exclure les fournisseurs non engagés dans une démarche climatique.
Les pouvoirs publics, de leur côté, prévoient de rendre obligatoire, à partir de 2028, un plan de transition pour les entreprises de plus de 50 salariés. Cette mesure, annoncée dans le cadre de la planification écologique, pourrait accélérer la prise de conscience, mais elle ne concernera pas les plus petites structures.
En attendant, les PME françaises restent globalement mal préparées aux aléas climatiques, ce qui pourrait aggraver leur vulnérabilité économique dans les prochaines années.



