Basée à Bordeaux, la société Champeil officie sur les marchés financiers depuis quatre décennies. Selon Axel Champeil, qui la dirige aujourd'hui, la Bourse est un levier méconnu et pourtant à fort potentiel pour les entreprises de Nouvelle-Aquitaine.
Quelle est l'activité de Champeil SA ?
Nous sommes une société de Bourse, c'est-à-dire un intermédiaire sur les marchés financiers. Nous accompagnons à la fois des investisseurs privés dans leurs placements, mais aussi des entreprises désireuses de se financer par la Bourse.
Côté entreprise, les candidatures régionales sont fréquentes pour une introduction en Bourse ?
Malheureusement, il y en a peu. Le financement par les marchés n'est pas à la mode, tant au niveau national qu'international. En France, l'an dernier, on peut compter les introductions en Bourse sur les doigts d'une main. Depuis 2020, on en dénombre une trentaine.
Pourquoi ce manque d'appétence des entreprises françaises ?
Il y a plusieurs facteurs. La première raison est la forte concurrence du capital investissement qui s'est fortement développé et professionnalisé ces dernières années. Ensuite, les entreprises appréhendent la Bourse car elles ne la connaissent pas et, par conséquent, elles en ont peur. Enfin, il y a les contraintes perçues comme très lourdes qui ont pu dissuader des chefs d'entreprise. Mais sur ce point, nous assistons actuellement à une mobilisation générale pour inciter de nouveau les entreprises à se coter. Les autorités ont allégé les règles afin d'attirer les entreprises tout en protégeant les investisseurs. Car le moteur principal, ce sont les investisseurs, et ils sont de plus en plus nombreux.
Là est justement le paradoxe…
D'autant plus qu'aujourd'hui, les investisseurs cherchent du sens et des entreprises près de chez eux. Ainsi, l'entreprise peut facilement collecter des capitaux de proximité sans se priver d'investisseurs internationaux.
Quelles sont les entreprises de Nouvelle-Aquitaine cotées en Bourse ?
Elles sont une trentaine environ, agissant dans des domaines d'activité très variés. On retrouve des acteurs de la transition énergétique comme HDF (33) ou Arverne (64). D'autres œuvrent dans le secteur de la santé comme Aelis Farma (33) ou Valbiotis (17), ou encore dans des filières plus traditionnelles comme le papier carton avec Gascogne (40), la construction de bateau avec Fountaine Pajot (17) ou encore le stockage d'hydrocarbures avec Docks Pétroles d'Ambès (33). La dimension est également très variable. Cela va de la PME réalisant 5 millions de chiffre d'affaires jusqu'à un géant comme Legrand, basé à Limoges, dont le chiffre d'affaires 2025 avoisine les 10 milliards d'euros.
Sont-elles présentes sur l'ensemble du territoire néo-aquitain ?
Géographiquement, beaucoup sont concentrées en Gironde, autour de Bordeaux. Mais on en trouve un peu partout sur les territoires néo-aquitains. En Corrèze, il y a UV Germi (Saint-Viance), dans les Landes on a Gascogne, dans les Deux-Sèvres il y a Poujoulat, mais aussi Arverne en Béarn, ou encore Valbiotis, Fountaine Pajot et Eaux de Royan en Charente-Maritime.
Globalement, comment se portent les cours des actions de sociétés de notre région ?
L'an dernier, nous avons créé le GSO 25, un indice boursier regroupant 25 entreprises cotées du Grand Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées). Sur le mois d'avril, cet indice affiche une performance de +3,88 % alors que le CAC40 est à +1,67 %. Sur les quatre premiers mois de l'année, le GSO 25 connaît une évolution de +4,30 % ; sur la même période, le CAC 40 est en négatif. Enfin, si on regarde la dernière entreprise régionale entrée en Bourse, Exosens, son cours a presque triplé depuis son introduction en juillet 2024. On peut espérer que la dynamique se poursuive pour nos sociétés régionales.



