Cai Qi, 70 ans, membre du Comité permanent du Bureau politique, vient d'être nommé à la tête de l'École centrale du Parti communiste chinois (PCC), l'institution chargée de former les cadres dirigeants du régime. Ce poste stratégique intervient alors que Xi Jinping prépare un quatrième mandat et s'apprête à renouveler une large partie des dirigeants du Parti.
Un parcours marqué par la proximité avec Xi Jinping
Né en 1955 dans la province du Fujian, Cai Qi a rejoint le PCC en 1975 et étudié l'économie politique. Il a gravi les échelons dans l'administration locale, travaillant dans le Fujian puis le Zhejiang, deux provinces où Xi Jinping a construit une partie de sa carrière dans les années 1990 et 2000. Cette proximité ancienne est cruciale dans le système chinois, où la confiance se vérifie dans les parcours et les promotions.
Selon un portrait du New York Times, Cai Qi cultivait l'image d'un responsable moderne et ouvert dans les provinces côtières, répondant aux administrés sur Weibo. En 2012, lors d'un voyage à Taïwan, il a publié un carnet de route où il se disait impressionné par l'efficacité des supérettes ouvertes 24 heures sur 24, déclarant même : « La transparence est une bonne chose ». Depuis, son compte Weibo a disparu et sa carrière a pris une autre direction.
Un homme d'exécution à Pékin
En 2014, Cai Qi a participé à la mise en place de la Commission centrale de sécurité nationale, créée sous Xi Jinping pour renforcer le contrôle du Parti. Trois ans plus tard, il est devenu maire puis secrétaire du Parti à Pékin, un poste sensible. En 2017, il a lancé une campagne d'expulsion de travailleurs migrants, officiellement justifiée par des raisons de sécurité, provoquant de vives critiques après la diffusion d'un discours interne appelant les cadres à agir sans hésitation.
Sa promotion en 2022 confirme sa place : Cai Qi entre au Comité permanent du Bureau politique, l'instance suprême, devient chef du Secrétariat du Parti et directeur du Bureau général du Parti, faisant de lui le véritable chef de cabinet de Xi Jinping. Il supervise les dossiers, réunions, déplacements, sécurité et organisation quotidienne des plus hauts dirigeants.
Un rôle clé dans la formation des futurs cadres
Sa nomination à l'École centrale du Parti lui confère la responsabilité de former les futurs cadres et d'identifier ceux pouvant accéder aux plus hautes fonctions. L'institution fabrique de la conformité politique autant que de la compétence bureaucratique. Cai Qi supervise également une campagne pour renforcer la discipline et la loyauté autour de la pensée de Xi Jinping.
Selon les règles d'âge traditionnellement appliquées, plus des deux tiers des quelque 200 membres du Comité central pourraient quitter leurs fonctions lors du prochain congrès. Xi Jinping n'a pas désigné de successeur, et le prochain congrès entraînera un vaste renouvellement des cadres. Les récentes purges dans l'Armée populaire de libération ont rappelé que la sélection portera sur la fiabilité politique autant que sur la compétence.
Cai Qi présente un avantage rare : il connaît Xi depuis plusieurs décennies, maîtrise les rouages du Parti et, à 70 ans, ne ressemble pas à un héritier naturel. Il ne prépare pas l'après-Xi, mais la prochaine étape du système Xi.



