Le tribunal provincial de La Corogne, en Espagne, a condamné un gérant de bureau de tabac à trois ans et demi de prison pour escroquerie aggravée. En 2012, le commerçant avait volé un ticket gagnant de la Primitiva, la loterie nationale espagnole, d'une valeur de 4.722.337,75 euros à un client retraité en lui mentant de sang-froid. Quatorze ans plus tard, la justice ordonne la restitution intégrale du butin aux héritiers de la victime.
Le mensonge du commerçant
L'affaire remonte à l'été 2012, lorsque José Luis Alonso, un retraité résidant à La Corogne, se présente au comptoir de Manuel Reija pour faire contrôler plusieurs grilles de jeu. En passant l'un des tickets dans la machine, le terminal s'affole et affiche explicitement le message « gain exceptionnel », émettant un reçu officiel. Au lieu de célébrer la nouvelle avec le joueur, le buraliste décide instantanément de faire machine arrière.
Profitant de la totale confiance du retraité, il lui affirme de sang-froid qu'aucun de ses tickets n'est gagnant et lui demande de les lui laisser sous prétexte d'effectuer de fausses vérifications complémentaires. Une fois le client parti, le commerçant passe le lot de tickets à plusieurs reprises dans la machine pour identifier le bon code, avant de tenter de blanchir le butin. Il se rapproche alors d'une autre administration de loterie et de son propre frère, à l'époque délégué provincial de l'institution, en prétendant avoir « trouvé » le ticket abandonné sur son comptoir pour en réclamer la propriété légitime.
Un dénouement heureux… et triste à la fois
Il aura fallu quatorze années d'une enquête technologique et informatique minutieuse pour confondre le fraudeur. En analysant l'historique des terminaux de validation, les enquêteurs ont pu reconstituer le parcours exact du billet et prouver que José Luis Alonso en était bien le propriétaire initial. Malheureusement, le véritable multimillionnaire est décédé en 2014 sans jamais avoir su qu'il avait décroché le jackpot de sa vie.
Le tribunal a donc ordonné que l'intégralité des 4,7 millions d'euros soit immédiatement restituée à la succession du défunt, permettant à sa veuve et à sa fille de récupérer enfin leur dû. En plus de sa peine de prison, le buraliste véreux s'est vu infliger une interdiction totale d'exercer toute activité professionnelle en lien avec les jeux d'argent et les loteries d'État. Son frère, initialement soupçonné de dissimulation, a quant à lui été acquitté par la justice.



