Bunker secret de la Maison-Blanche : l'enquête qui contredit Trump
Bunker secret de la Maison-Blanche : l'enquête qui contredit Trump

Un bunker secret, construit après les attentats du 11-Septembre et finalisé sous la présidence de Barack Obama, existe déjà sous la Maison-Blanche, selon une enquête du Washington Post publiée dimanche 23 août. Cette révélation contredit directement les arguments de Donald Trump, qui justifie la construction d'une immense salle de bal dotée d'un sous-sol militaire par la nécessité de protéger les futurs présidents en cas d'attaque.

Trois anciens responsables fédéraux, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont confirmé au quotidien américain l'existence de cette installation souterraine hautement renforcée. Enfoui à environ 18 mètres sous la Maison-Blanche, ce bunker peut accueillir plusieurs dizaines de personnes pendant au moins plusieurs semaines et a été conçu pour résister à une explosion nucléaire.

Un bunker déjà opérationnel, contrairement aux affirmations de Trump

L'existence de ce bunker avait déjà été évoquée par le journaliste Ronald Kessler dans un livre publié en 2018, mais elle n'avait jamais été confirmée par la présidence américaine ou d'autres sources. Selon le Washington Post, cette installation dispose déjà de nombreuses caractéristiques que l'administration Trump invoque aujourd'hui pour justifier son nouveau complexe. Le site est profondément enterré dans le socle rocheux de Washington, accessible par un ascenseur privé et conçu pour protéger le président contre un large éventail de menaces, notamment les armes de destruction massive.

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Dans son livre, Ronald Kessler affirme que le bunker dispose de réserves alimentaires pour plusieurs mois et de son propre système autonome de circulation de l'air. Ces éléments contredisent les déclarations de l'administration Trump, qui présente la salle de bal et son sous-sol militaire comme la seule installation capable de protéger les présidents.

L'administration Trump justifie le projet par la menace des drones

Selon le porte-parole de la présidence, Davis Ingle, le projet de modernisation de l'Est King est « inextricablement lié à la sécurité du président, du domaine de la Maison-Blanche et de certaines infrastructures de sécurité ». Dans un document transmis le 13 août à la Cour suprême, le ministre des Armées Dan Driscoll affirme que ce projet garantira « un commandement et un contrôle ininterrompus » en cas d'attaque ou de crise mondiale.

Le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, soutient que la structure en construction permettra « au président et aux hauts responsables de la sécurité nationale » d'opérer depuis un site protégé « en cas d'attaque contre la capitale ». Pour l'administration Trump, la menace principale semble venir des drones commerciaux et militaires, après la tentative d'attaque contre l'événement trumpiste UFC Freedom 250 à l'occasion des 250 ans des États-Unis.

Un chantier avancé mais controversé

Le chantier avance rapidement : début août, l'administration indiquait à la Cour suprême que les travaux étaient achevés à environ 65 %, avec près de 250 ouvriers travaillant 20 heures par jour, sept jours sur sept, rapporte le Washington Post. La structure doit descendre sur cinq niveaux sous terre et atteint déjà 70 pieds, soit environ 21 mètres de hauteur.

Selon une autre enquête du journal américain publiée mi-août, la nouvelle salle de bal devrait engendrer un coût d'environ 400 millions de dollars à elle seule, tandis que l'ensemble des projets de construction et de modernisation de la Maison-Blanche voulus par Trump devraient atteindre au moins 900 millions de dollars de dépenses.

Le risque de destruction du PEOC

Les anciens responsables cités par le Washington Post dénoncent une autre incohérence de taille. La démolition de l'ancienne East-Wing, pointent-ils, pourrait bien avoir endommagé le Presidential Emergency Operations Center (PEOC), construit pendant la Seconde Guerre mondiale et utilisé notamment pour mettre à l'abri Dick Cheney et Laura Bush lors du 11-Septembre. Le bunker qui se trouvait lui-même environ 6 mètres sous l'East-Wing pourrait avoir été détruit durant les travaux.

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En avril dernier, le juge fédéral Richard J. Leon, qui avait alors ordonné l'arrêt temporaire du chantier, avait estimé que l'administration avait elle-même créé et coordonné « un risque pour la sécurité sur le domaine de la Maison-Blanche » en poursuivant les travaux. Cette décision judiciaire souligne les inquiétudes quant aux conséquences du projet sur la sécurité du site présidentiel.