Vifs échanges autour du budget à Lodève : le maire prône la prudence
Budget à Lodève : vifs échanges en conseil municipal

La séance du conseil municipal de Lodève, mercredi soir dans l'espace Bousquet, a été marquée par de vifs échanges autour du vote des comptes administratifs et du budget 2026. Le nouveau maire Claude Laateb, prudent, souhaite connaître la situation financière avant d'agir.

Des passes d'armes entre majorité et opposition

Dans la continuité du Débat d'Orientation Budgétaire (DOB) tenu quinze jours plus tôt, le vote des comptes puis du budget a donné lieu à de nouvelles confrontations entre le maire et son adjoint aux finances David Bosc d'un côté, et le groupe minoritaire mené par Fadelha Benammar-Koly de l'autre.

David Bosc a lancé : "Avant de démarrer, je voudrais faire une mise au point sur un communiqué de presse du groupe minoritaire à l'issue du DOB. Votre vision des chiffres est partielle et biaisée, pour manipuler les Lodévois sur la réalité des comptes. Non, nous n'avons pas les marges de manœuvre historiques que vous indiquez, notamment en matière d'épargne nette." Il accuse l'opposition de faute morale.

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Fadelha Benammar-Koly a répliqué : "C'est hallucinant d'entendre de tels propos de quelqu'un qui faisait partie de la majorité précédente. Les chiffres communiqués sont réels, vous les interprétez comme vous le souhaitez." Julien Pradel a ajouté : "Je vous renvoie aux finances d'il y a 18 ans, que de chemin parcouru." Nathalie Rocoplan a renchéri : "La Ville s'est endettée, oui, mais avec des beaux projets structurants qui sont sortis pour les Lodévois."

Le maire défend sa prudence

Claude Laateb, entouré de son premier adjoint Damien Rouquette et de David Bosc, a déclaré : "On fera avec ce que nous avons, et la volonté de bien faire. Ce budget, on l'a travaillé mais c'est le vôtre. J'ai dû faire énormément d'arbitrages depuis mon arrivée, à l'image de la piscine pour laquelle il a fallu signer des avenants, faire des coûts supplémentaires pour lui permettre d'ouvrir le 4 mai, il a fallu aussi geler certains investissements avant d'en savoir plus sur les dossiers, leurs financements. La priorité est de remettre les finances à plat. Je ne dépenserais pas l'argent que je n'ai pas."

Le maire a mis au vote, avec David Bosc, le maintien des taux de fiscalité et un budget équilibré à 23 millions d'euros, avec un peu plus de 11 millions sur chacune des sections de fonctionnement et d'investissement.

L'opposition a critiqué le manque de visibilité. Fadelha Benammar-Koly a dit : "Je suis là pour défendre ma ville, celle où je vis. C'est pour cela que je siège dans l'opposition. Je constate que pour l'instant, vous n'annoncez rien, que tout est flou sur les projets en cours et vos projets."

Claude Laateb a répondu : "Ne diabolisez pas notre équipe. Je reste simplement prudent sur des dossiers que je ne connais pas. Et nous verrons ensuite ce que nous pourrons faire, ou pas. La ruée vers l'or est finie. Aujourd'hui les urnes ont parlé et on a notre histoire à écrire."

Soutien à l'hôpital de Lodève

Lors du conseil municipal puis du Conseil communautaire du Lodévois & Larzac les 29 et 30 avril, les élus ont réaffirmé leur soutien au Centre Hospitalier de Lodève, confronté à un manque de médecins. Cela oblige à fermer certains services, dont la médecine menacée, et à en réduire d'autres, comme le Centre d'Accueil et de Permanence des Soins (CAPS) fermé une dizaine de jours en mai et autant prévu en juin.

Jean-Laurent Mercadier, élu de la majorité, a déclaré : "Cet hôpital n'est pas seulement un équipement de santé parmi d'autres. Il est un pilier de notre territoire, un service public essentiel qui garantit à chacune et chacun un accès aux soins de proximité, dans un bassin de vie souvent éloigné des grands centres hospitaliers. Sa présence est une question de dignité, d'égalité et de sécurité pour nos habitants."

Le président de la Communauté de communes Frédéric Roig a repris ces propos le lendemain, affirmant son attachement à l'hôpital et à son personnel : "Nous devons tous nous mobiliser, chacun à notre niveau pour trouver les médecins. Il y va de la sauvegarde d'une offre de soin adaptée à notre territoire." Il a annoncé qu'il irait rencontrer, avec Claude Laateb, la directrice du CHU de Montpellier, dont dépend l'établissement lodévois.

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Politique culturelle et mutualisation

David Bosc a présenté un zoom sur les politiques publiques concernant la culture et le social, précisant qu'il s'agit d'un éclairage purement budgétaire qui ne remet pas en cause l'intérêt de ces services ni la qualité des agents. Il a parlé du cinéma, de la médiathèque, de l'école de musique et du centre socioculturel, mettant en perspective coût et recettes. "Cela permet de réfléchir leur pertinence et leur coût, et de lancer des interrogations sur le financement des communes voisines à ces équipements."

L'opposition a réagi vivement. Fadelha Benammar-Koly a demandé : "Pourquoi, dans quel but vous faites cette présentation ? La collectivité a des missions de services publics avec de la gratuité ou des coûts très bas pour permettre à nos populations en zone rurale ou en quartier prioritaire un accès à la culture, au savoir, avec des activités. Le service public n'est pas uniquement une affaire de chiffres." Elle s'inquiète de possibles coupes budgétaires futures.

Autre sujet d'économies potentielles : les mutualisations d'agents avec l'intercommunalité. Jean-Laurent Mercadier a précisé : "Nous avons engagé un travail d'analyse pour prendre les meilleures décisions pour Lodève. Et nous prendrons en temps voulu nos responsabilités devant cette assemblée." Le maire a ajouté : "Je reste très interrogatif sur ces mutualisations, aujourd'hui j'ai l'opportunité de mieux les comprendre, humainement, professionnellement et financièrement. Il y a eu des incompréhensions avec certains agents, j'en suis désolé mais nous sommes obligés de passer par là."