Le Brexit a « clairement un impact négatif » sur l’économie du Royaume-Uni, a affirmé Sarah Hall, professeure d’économie à l’université de Cambridge, lors d’une conférence de presse tenue le 23 juin 2026. Selon une étude exhaustive menée par son équipe, le produit intérieur brut (PIB) britannique devrait être réduit de 5 % à long terme par rapport à un scénario sans sortie de l’Union européenne.
Une analyse approfondie des données économiques
L’étude, qui a analysé les flux commerciaux, les investissements directs étrangers et la productivité, montre que les échanges de biens et services entre le Royaume-Uni et l’UE ont chuté de 15 % depuis l’entrée en vigueur de l’accord de commerce et de coopération en 2021. « Les barrières non tarifaires, telles que les formalités douanières et les contrôles sanitaires, ont considérablement augmenté les coûts pour les entreprises », a expliqué Sarah Hall.
Les investissements directs étrangers (IDE) en provenance de l’UE ont diminué de 20 %, tandis que les IDE en provenance d’autres régions du monde n’ont pas compensé cette baisse. « Les entreprises hésitent à investir au Royaume-Uni en raison de l’incertitude réglementaire et de l’accès réduit au marché unique », a-t-elle ajouté.
Des conséquences sectorielles inégales
Certains secteurs ont été plus durement touchés que d’autres. L’industrie automobile a enregistré une baisse de 12 % de sa production, tandis que le secteur financier a perdu 10 % de ses parts de marché au profit de Paris et de Francfort. En revanche, le secteur des services numériques a connu une croissance, mais insuffisante pour compenser les pertes dans d’autres domaines.
« L’impact n’est pas uniforme. Les régions les plus dépendantes du commerce avec l’UE, comme le sud-est de l’Angleterre, ont souffert davantage », a précisé Sarah Hall. L’étude estime que le niveau de vie moyen des Britanniques est inférieur de 3 % à ce qu’il aurait été sans le Brexit.
Réactions politiques et perspectives
Ces conclusions ont ravivé le débat politique au Royaume-Uni. Le parti travailliste, actuellement dans l’opposition, a appelé à un rapprochement avec l’UE, tandis que le gouvernement conservateur a minimisé l’impact, soulignant les « avantages à long terme » de la souveraineté retrouvée. « Nous devons tirer parti des opportunités offertes par le Brexit, notamment en matière de politique commerciale indépendante », a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Sarah Hall a toutefois averti que les bénéfices potentiels, tels que la signature d’accords commerciaux avec des pays tiers, n’ont pas encore compensé les pertes liées à la sortie de l’UE. « Jusqu’à présent, les nouveaux accords commerciaux n’ont eu qu’un impact marginal sur le PIB », a-t-elle conclu.



