Bolivie : un accord met fin à six semaines de blocage
Le gouvernement bolivien et la principale centrale syndicale du pays, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), ont signé un accord ce samedi 20 juin 2026, mettant fin à six semaines de blocages qui avaient paralysé une grande partie du territoire. L'accord a été annoncé par le ministre de l'Économie, Marcelo Montenegro, lors d'une conférence de presse à La Paz.
Les termes de l'accord
Selon les termes de l'accord, le gouvernement s'engage à augmenter le salaire minimum de 8 % et à garantir une hausse des salaires dans le secteur public. En contrepartie, la COB a accepté de lever tous les barrages routiers qui bloquaient les principales routes du pays depuis le 10 mai. Les blocages avaient provoqué des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans plusieurs régions, notamment à Santa Cruz et à Cochabamba.
Le président Luis Arce a salué cet accord comme une victoire du dialogue social. « Nous avons démontré que le dialogue est la seule voie pour résoudre les conflits », a-t-il déclaré dans un message diffusé à la télévision nationale.
Un conflit aux conséquences économiques lourdes
Les six semaines de blocage ont eu un impact économique considérable. Selon la Chambre de commerce bolivienne, les pertes sont estimées à plus de 500 millions de dollars. Les secteurs les plus touchés sont le transport, l'agriculture et l'industrie manufacturière. De nombreuses entreprises ont dû suspendre leurs activités, faute d'approvisionnement en matières premières.
Le gouvernement avait tenté à plusieurs reprises de négocier avec les syndicats, mais les discussions avaient échoué en raison de divergences sur les augmentations salariales. La COB réclamait initialement une hausse de 15 % du salaire minimum, tandis que le gouvernement proposait 5 %. L'accord final à 8 % est un compromis.
Réactions mitigées
Si l'accord a été accueilli avec soulagement par la population, certaines voix se sont élevées pour critiquer les concessions faites aux syndicats. Les milieux d'affaires estiment que l'augmentation salariale pourrait alimenter l'inflation, déjà élevée dans le pays (11 % sur un an). De son côté, l'opposition politique accuse le gouvernement de céder aux pressions des syndicats, qu'elle qualifie de « groupe de pression proche du pouvoir ».
La COB, de son côté, se félicite de cet accord, mais prévient qu'elle restera vigilante quant à son application. « Nous avons obtenu une victoire pour les travailleurs, mais la lutte continue pour de meilleures conditions de vie », a déclaré le secrétaire général de la COB, Juan Carlos Huarachi.
Un précédent pour d'autres conflits
Cet accord pourrait servir de précédent pour résoudre d'autres conflits sociaux en Bolivie. Le pays est confronté à une vague de protestations dans plusieurs secteurs, notamment dans la santé et l'éducation. Les enseignants réclament une revalorisation de leurs salaires, tandis que les personnels soignants demandent de meilleures conditions de travail.
Le gouvernement a annoncé qu'il allait ouvrir des négociations avec ces secteurs dans les prochains jours. « Nous voulons étendre la méthode du dialogue à tous les secteurs en conflit », a affirmé le ministre de la Présidence, Eduardo del Castillo.



