Antoine Bertrand fustige le budget de Montpellier et promet transparence
Bertrand promet transparence sur le budget de Montpellier

Antoine Bertrand, élu dans le groupe Insoumis et tout juste élu président de la commission des finances au conseil municipal de Montpellier, promet de la transparence tout en critiquant sévèrement les choix budgétaires de l’équipe de Michaël Delafosse. Il dénonce un "double coup de massue" pour les habitants, entre l'augmentation de la part foncière métropolitaine et la réduction des investissements municipaux.

Une élection sous tension

Interrogé sur sa surprise face à cette proposition, Bertrand répond : "Non. Traditionnellement, cette commission revient à un membre de l’opposition. Comme nous sommes arrivés en deuxième position aux élections, cela était légitime." Il nuance toutefois : "À Montpellier, une partie des droits de l’opposition est respectée. En revanche, la majorité s’est abstenue lors de mon élection, alors qu’à la métropole, la majorité de Michaël Delafosse a voté pour la candidature de Salim Jawhari. Il y a donc peut-être une différence de traitement entre les oppositions."

Transparence et débat public

Bertrand affirme vouloir faire de la commission un lieu de transparence et de débat. "Mon objectif est de faire de cette commission un lieu de transparence et de débat. J’aspire à y inviter des intervenants extérieurs, comme des économistes, pour débattre de l’évolution des dotations de l’État ou de la dette, afin que ce ne soit pas seulement une chambre d’enregistrement." Il précise avoir pris contact avec les services financiers et prévoit une rencontre avec Salim Jawhari, l’adjoint aux finances, M. Guiseppin et les services.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Désaccords profonds avec la majorité

Interrogé sur ses relations avec Serge Guiseppin, ancien président de la commission des finances de la métropole devenu adjoint, Bertrand indique : "Pour moi, il n’y aura pas de passerelle car nous avons des désaccords de fond sur les choix budgétaires." Il cite notamment la gratuité de la cantine scolaire et la mise en place d’une vraie régie. "J’ai des échanges cordiaux avec l’ensemble des élus, mais nos désaccords sont profonds."

Un "double coup de massue" pour les finances

Bertrand critique la trajectoire budgétaire présentée par la majorité. Si les finances de la Ville semblent saines, il explique que cela est dû au transfert de compétences à la Métropole. "Le budget municipal est à l’équilibre, mais la Métropole est plus qu’endettée et a augmenté les impôts. Nous subissons un double coup de massue : l’augmentation de la part foncière métropolitaine et la réduction des investissements." Il déplore un manque d’investissement flagrant, notamment dans la rénovation thermique des écoles : "À peine 3 M€ ont été investis dans la rénovation thermique des écoles. À ce rythme, pour les plus de 120 écoles, il faudrait une rénovation par an : il fera 80 degrés quand tout sera fini."

Urgence sociale et écologique

Bertrand appelle à une accélération face à l'urgence climatique. "Face aux canicules précoces, il faut planifier à long terme mais aussi répondre au court terme. Par exemple, en rendant les piscines gratuites lors des vagues de chaleur et en ouvrant des salles de fraîcheur dans les services publics en soirée ou entre midi et deux pour les personnes vulnérables. C’est une mesure peu coûteuse et utile."

Sur la tarification solidaire des cantines, il estime que "ce n’est pas une question de déficit, mais de principe. Michaël Delafosse considère l’alimentation comme un bien marchand ; pour nous, c’est un bien commun qui doit être gratuit." Il rappelle que la gratuité avait été budgétée autour de 5 M€ pendant la campagne, ce qui ne creuserait pas le déficit dans un budget global de 700 millions.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Sécurité : privilégier la proximité

Concernant les moyens alloués à la sécurité, Bertrand privilégie l'humain. "Nous les aurions renforcés sur l’humain (la ligne consacrée aux emplois). Il faut plus de personnel dans la police municipale et dans la médiation." Il conteste la politique des gros équipements centralisés comme l’Hôtel des sécurités et propose de créer de petits hôtels de police de proximité dans les quartiers, complétés par des médiateurs. "La majorité des interventions concerne des problèmes de voisinage ou des violences intrafamiliales. La réponse du tout-sécuritaire n’a pas de sens, il faut investir dans le lien social."

Inquiétude sur l'endettement métropolitain

Bertrand se dit "très inquiet" du niveau d’endettement de la métropole, qui a atteint 98 % sur le mandat précédent. "Sur le mandat précédent, la métropole a atteint un niveau d’alerte avec 98 % d’endettement."

Antoine Bertrand, 29 ans, est né à Aix-en-Provence. Après des études en Sciences politiques, il devient directeur de cabinet de René Revol en 2020 à Grabels. Spécialisé dans les questions de collectivités et finances locales, il est secrétaire national du Parti de gauche et a participé à la création de LFI au niveau local.