Une action en justice pour protéger la marque Renaissance
Le 15 juillet 2026, Gabriel Attal, président du parti Renaissance, a assigné Marine Le Pen devant le tribunal judiciaire de Paris pour contrefaçon. Il l'accuse d'avoir utilisé le terme «Renaissance» sur son affiche de campagne pour l'élection présidentielle de 2027 sans autorisation. Selon les avocats d'Attal, cette utilisation porterait atteinte à la marque déposée par son parti en 2022.
Les détails de l'assignation
L'assignation, déposée le 14 juillet, demande au tribunal de constater la contrefaçon et d'interdire à Marine Le Pen d'utiliser le mot «Renaissance» dans toute communication électorale. Elle réclame également 500 000 euros de dommages et intérêts. L'affiche incriminée montre Marine Le Pen avec le slogan «La Renaissance française» en lettres capitales. L'avocat de Gabriel Attal, Me Jean-Baptiste Soufron, a déclaré : «L'utilisation de ce terme crée une confusion dans l'esprit des électeurs et nuit à l'identité de notre parti.»
La réponse de Marine Le Pen
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National, a qualifié cette action de «ridicule» et de «tentative de censure». Son avocat, Me Rodolphe Bosselut, a affirmé que le terme «Renaissance» est un mot courant du vocabulaire politique français, utilisé par de nombreux partis et personnalités. Il a cité l'exemple de l'ancien président Emmanuel Macron, qui avait utilisé ce mot lors de sa campagne de 2017. «Marine Le Pen n'a pas besoin de voler un mot pour convaincre les Français», a-t-il ajouté.
Un précédent juridique
Cette affaire rappelle un précédent en 2022, lorsque le parti Renaissance avait attaqué un petit parti local pour utilisation similaire. Le tribunal avait alors donné raison à Renaissance, estimant que le terme était protégé par le droit des marques dans un contexte électoral. Cependant, les experts juridiques sont divisés sur l'issue de ce nouveau litige. Le professeur de droit à l'Université Paris II, François-Xavier Millet, explique : «La jurisprudence n'est pas claire. Un mot aussi générique que Renaissance peut être difficile à protéger, surtout si l'usage n'est pas directement concurrentiel.»
Les implications politiques
Cette action en justice intervient à un moment clé de la campagne présidentielle, à moins d'un an du scrutin. Gabriel Attal, qui n'a pas encore officialisé sa candidature, chercherait à affaiblir Marine Le Pen en la distrayant par des procédures judiciaires. De son côté, Marine Le Pen voit dans cette assignation une preuve de la nervosité du camp macroniste. Un sondage Ifop réalisé en juin 2026 donnait Marine Le Pen en tête au premier tour avec 28% des intentions de vote, devant Gabriel Attal (22%) et l'écologiste Yannick Jadot (18%).
Une audience à venir
Le tribunal judiciaire de Paris doit fixer une date d'audience dans les prochaines semaines. En attendant, les deux camps continuent leur campagne. Gabriel Attal a prévu un meeting à Lyon le 20 juillet, tandis que Marine Le Pen sera à Marseille le 22 juillet. L'issue de ce litige pourrait avoir un impact sur la stratégie de communication des deux candidats dans les mois à venir.



