Ariane 6 : nouveau lancement réussi pour la fusée européenne
Ariane 6 : septième lancement réussi

Ariane 6 s'apprête à décoller de nouveau

Jeudi, ArianeGroup doit lancer une nouvelle fusée Ariane 6 dans sa version A64, équipée de quatre boosters au lieu de deux. Cette mission emportera 32 satellites de la constellation Amazon Leo, deux mois et demi après le premier vol réussi de cette configuration surpuissante. Le 12 février dernier, le lancement inaugural de l'A64 depuis le Centre spatial guyanais (CSG) à Kourou s'était déroulé sans accroc.

Un bunker pour les opérateurs

Le Centre de lancement (CDL) de Kourou, situé à environ 8 km du pas de tir, est un véritable bunker avec des murs épais d'un mètre, capables de résister à dix tonnes de débris. Frédéric, directeur de chronologie de lancement, explique : « Une fusée est une bombe ; si elle explose, il ne reste rien. C'est pourquoi nous sommes dans un bunker, bardé de capteurs de température et de pression qui contrôlent en permanence tous les états. »

Les défis du pas de tir

Après le décollage, les équipes doivent remettre en état le pas de tir pour le prochain lancement. En configuration A64, la fusée génère environ 1 500 tonnes de poussée, avec des températures de 3 000 degrés en sortie de tuyère. Les environnements aérodynamiques sont doublés par rapport à une Ariane classique. Frédéric précise : « La base du mât a été entièrement brûlée. Ce n'est pas grave, c'est esthétique, mais nous n'avions pas anticipé cela. Les fumées se sont aussi déployées de manière impressionnante. Nous allons faire des adaptations mineures. »

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Un processus industriel optimisé

La montée en cadence repose sur un processus industriel repensé. Les étages de la fusée sont conçus en Europe (Le Haillan, Saint-Médard-en-Jalles, Les Mureaux, Vernon et Brême) et assemblés horizontalement pour gagner du temps. Mathurin, ingénieur intégration lanceur chez ArianeGroup, détaille : « Les éléments arrivent par le navire Canopée au port de Pariacabo. En Guyane, nous connectons les étages en deux semaines avec une trentaine d'opérateurs. L'étage supérieur est transporté par des véhicules automatiques, puis l'étage inférieur est rapproché pour l'intégration mécanique, réalisée avec des clés connectées. »

Précision et fiabilité

Les équipes d'ArianeGroup soulignent qu'Ariane 6 n'a connu aucun échec en six lancements. Depuis le troisième vol, les tirs sont effectués à l'heure, dès la première tentative. « Nous n'avons connu cela ni sur Ariane 5, ni sur Ariane 4. Nous capitalisons toute l'expérience acquise », ajoute Frédéric. L'objectif est d'atteindre neuf à dix lancements par an d'ici 2027, et dix ou plus à partir de 2028, contre cinq à sept pour Ariane 5.

Préparatifs du lancement

Le corps central de la fusée est amené au portique en zone de lancement, mis en position verticale, puis les boosters sont ajoutés. Enfin, les satellites et la coiffe sont intégrés. Le jour du lancement, après le retrait du portique, les réservoirs sont remplis d'oxygène liquide (-183 °C) et d'hydrogène liquide (-253 °C) jusqu'à la dernière seconde. Les bras se déconnectent au moment du décollage, dans une scène spectaculaire. Le septième lancement d'Ariane 6 est prévu jeudi entre 10h08 et 10h57 (heure de Paris).

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