Andy Burnham, possible successeur de Keir Starmer après sa démission
Andy Burnham, possible successeur de Keir Starmer

Keir Starmer a annoncé sa démission ce lundi, après deux années de mandat marquées par des renoncements, des maladresses et des échecs électoraux. Sa position affaiblie dans les sondages et dans les urnes ouvre la voie à un possible successeur : Andy Burnham, maire travailliste du Grand Manchester.

Une victoire nette à Makerfield

Andy Burnham a remporté le 19 juin une victoire nette à la législative partielle de Makerfield, battant son principal opposant, le candidat de Reform UK Robert Kenyon, avec 34,5 % des voix contre 14,5 % pour Kenyon, soit 20 points d'avance. Les sondages prévoyaient un score plus serré, mais Burnham a consolidé sa base. Cette dynamique pourrait lui ouvrir les portes du 10 Downing Street.

Un parcours politique ancré à gauche

Fils d'un ingénieur télécoms et d'une réceptionniste, Andrew Murray Burnham est né en 1970 près de Liverpool et a grandi non loin de Warrington. Après avoir été assistant de la députée Tessa Jowell, il devient député à la Chambre des Communes de 2001 à 2016. Sous Gordon Brown, il occupe plusieurs postes : secrétaire en Chef du Trésor (2007-2008), secrétaire d'État à la Culture (jusqu'en 2009), puis secrétaire d'État à la Santé. Élu maire du Grand Manchester en 2017, ce supporter d'Everton avait tenté de prendre la direction du Labour en 2010 et 2015, mais avait échoué face à Ed Miliband puis Jeremy Corbyn.

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Un élu de « gauche modérée »

Situé à l'aile gauche du parti travailliste, Burnham, 56 ans, a qualifié sa victoire de « tournant » dans la vie politique britannique et de « dernière chance » pour son parti d'apporter le changement réclamé par les électeurs. Il s'est ainsi placé en rival et possible successeur de Keir Starmer. Selon plusieurs sondages, il est le plus populaire des élus travaillistes, et peut-être même des hommes politiques du pays.

« Nous avons besoin d'une économie qui fonctionne pour tout le monde, nous devons abaisser le prix des billets de train, des factures d'énergie, nous devons réindustrialiser le Nord et en finir avec notre système éducatif qui néglige l'apprentissage au profit des universités », a déclaré Burnham.

Le « roi du nord » et son modèle économique

Surnommé le « roi du nord », Burnham s'est repositionné dans la « soft left » (gauche modérée) avant de devenir maire. Il a consolidé sa popularité en se posant en porte-voix des villes du Nord contre Londres, notamment lors de la pandémie de Covid-19, où il a dénoncé la gestion centralisée des restrictions.

Sa politique part du constat que le Royaume-Uni et son économie se sont délités en raison de la désindustrialisation, des privatisations, des politiques d'austérité et du Brexit, creusant les inégalités, surtout dans le Nord. Pour y remédier, il propose un transfert de pouvoirs et de moyens vers les grandes régions. À Manchester, il a mis en place un réseau intégré de bus et de tramways à gouvernance locale, avec un ticket plafonné à 2 livres, contrôlé par la région plutôt que par l'État central, pour assurer la cohésion sociale et l'attractivité économique.

La transformation de Manchester

Manchester a réussi sa transformation d'ancien bassin industriel frappé par les crises économiques en une ville gentrifiée, phare de la culture, de l'éducation et du sport. L'immobilier et les services ont fleuri grâce à une main-d'œuvre qualifiée et à de nombreux investissements privés, parfois étrangers. La ville se place désormais en pendant régional à la très financière et internationale Londres.

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