La chaîne de télévision américaine ABC a engagé une action en justice contre l'administration Trump, l'accusant de porter atteinte à la liberté d'expression en menaçant de remettre en cause ses licences de diffusion. Cette procédure, révélée le 18 août 2026, marque une escalade inédite dans le conflit entre le président américain et les grands médias.
Des menaces répétées contre les licences d'ABC
Selon les informations du Monde, l'administration Trump aurait adressé plusieurs avertissements à ABC, laissant entendre que ses licences de diffusion pourraient ne pas être renouvelées en raison de sa couverture jugée défavorable. Ces menaces, qualifiées de « coercition » par la chaîne, visent à intimider les journalistes et à influencer le contenu éditorial.
ABC, détenue par le groupe Disney, a décidé de répliquer en saisissant la justice fédérale. Dans sa plainte, la chaîne estime que ces pressions violent le premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse. Elle demande au tribunal de déclarer ces menaces illégales et d'empêcher toute action de l'administration à l'encontre de ses licences.
Un précédent inquiétant pour les médias
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Maison-Blanche et les médias traditionnels. Donald Trump a multiplié les attaques contre les chaînes d'information, les accusant de diffuser des « fake news ». Les menaces contre les licences de diffusion constituent toutefois un pas supplémentaire, car elles touchent directement à la survie économique des chaînes.
Les experts juridiques interrogés par Le Monde soulignent que les licences de diffusion sont délivrées par la Commission fédérale des communications (FCC), une agence indépendante. Si l'administration peut influencer cette instance, une révocation de licence reste rare et soumise à des critères stricts. Néanmoins, le simple fait de brandir cette menace crée un climat de peur et peut conduire à une autocensure.
Une bataille judiciaire aux enjeux majeurs
La plainte d'ABC pourrait faire jurisprudence. Si la justice donne raison à la chaîne, elle établirait un précédent protégeant les médias contre les pressions politiques. En revanche, si l'administration l'emporte, cela pourrait ouvrir la voie à des représailles plus directes contre les critiques de la politique de Trump.
Dans son communiqué, ABC a déclaré : « Nous ne nous laisserons pas intimider. La liberté de la presse est un pilier de notre démocratie, et nous défendrons ce principe devant les tribunaux. » L'audience préliminaire est attendue dans les prochaines semaines. En attendant, d'autres médias suivent de près cette procédure, conscients que son issue pourrait redéfinir les relations entre le pouvoir et la presse aux États-Unis.



