Donald Trump a annoncé une réduction du nombre d'exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud, justifiant cette décision par l'« entente parfaite » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Dans un message publié sur son réseau Truth Social le week-end dernier, le président américain a accompagné une photo de lui et de Kim Jong-un de la légende : « Nous nous entendons à merveille ». Il a ajouté que maintenir ces exercices enverrait « un signal totalement inapproprié et hostile à un pays qui, depuis [sa] présidence, s'est montré non menaçant et respectueux ».
Une rupture avec la politique américaine traditionnelle
Cette décision contredit la politique des précédents présidents américains, qui ont toujours considéré la Corée du Nord comme un adversaire. Pourtant, elle s'inscrit dans la continuité des relations que les deux dirigeants entretiennent depuis plusieurs années, malgré des débuts tumultueux marqués par une surenchère d'insultes.
Fin 2017, moins d'un an après son élection, Donald Trump avait qualifié Kim Jong-un d'« homme-fusée » lors d'un discours virulent à la tribune de l'ONU, en référence aux missiles fréquemment lancés par Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen avait répondu en le traitant de « gâteux américain mentalement dérangé ». Donald Trump avait alors renchéri en le qualifiant de « fou ».
Des insultes à la rencontre historique de Singapour
Cet échange a donné le ton des années suivantes, où Donald Trump a multiplié les invectives, voire les menaces, sur un registre parfois vulgaire : « petit gros », « criminel haineux condamné à mort par le peuple coréen » en novembre 2017, ou encore « mon bouton [nucléaire] est plus gros que le tien » en janvier 2018.
La bascule semble avoir eu lieu le 12 juin 2018, lors de la rencontre historique entre les deux hommes à Singapour. Le président américain avait alors déjà fait un geste d'apaisement en suspendant certains exercices militaires avec la Corée du Sud. À cette époque, la décision avait été prise conjointement avec les Sud-Coréens, qui marchaient eux aussi sur le fil fragile de l'apaisement.
Une « amitié » affichée depuis le second mandat
Un an plus tard, le 30 juin 2019, Donald Trump est devenu le premier président des États-Unis à fouler le sol nord-coréen, en faisant quelques pas le long de la zone démilitarisée puis sur le territoire du Nord. « C'est un grand jour pour le monde », avait-il vanté devant les médias du monde entier en serrant la main de son homologue.
Depuis son second mandat, Donald Trump adopte une communication bienveillante à l'égard de Kim Jong-un. En avril 2025, lors de l'annonce de la hausse des droits de douane, la Corée du Nord a été épargnée, au même titre que la Russie ou Cuba. À l'automne de la même année, Trump a proposé d'ajouter une étape à sa tournée asiatique pour rendre visite à Kim Jong-un, une manière d'afficher leur « amitié ».
Sur le plan diplomatique, il en a fait un interlocuteur privilégié par rapport au Sud. En juin dernier, en marge du sommet du G7 en France, il a conseillé à Lee Jae Myung, le président de la Corée du Sud, de « s'intéresser à la Corée du Nord ». Une demande particulière quand on sait que les deux pays sont toujours officiellement en guerre depuis l'armistice signé le 27 juillet 1953.



