Russie : WhatsApp bloqué, Moscou promeut l'alternative locale MAX
Russie : WhatsApp bloqué, Moscou promeut MAX

Le Kremlin a officialisé ce jeudi 12 février le blocage de la messagerie américaine WhatsApp, très populaire en Russie, en raison de la "réticence" de l'entreprise à se conformer à la législation russe. Cette décision s'inscrit dans un mouvement plus large de répression des réseaux sociaux étrangers, visant à renforcer le contrôle étatique sur les communications.

Une décision du Kremlin

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a confirmé que l'autorité de régulation avait pris et mis en œuvre la décision de bloquer WhatsApp. Mercredi, la filiale du groupe américain Meta avait dénoncé une tentative de la Russie de la "bloquer complètement". Peskov a appelé les Russes à se tourner vers l'alternative locale MAX, une application lancée en 2025, présentée comme une "messagerie nationale en émergence".

Réactions contrastées

WhatsApp a vivement réagi, dénonçant une tentative de priver plus de 100 millions d'utilisateurs d'une communication privée et sécurisée, ce qui constitue selon elle un recul pour la sécurité des personnes en Russie. Pour l'heure, le blocage n'est pas uniforme : un journaliste de l'AFP a pu joindre des personnes en Russie sans VPN, tandis que d'autres rapportent des difficultés d'accès.

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Une Moscovite interrogée a indiqué que MAX avait déjà remplacé WhatsApp dans les échanges scolaires de sa fille depuis près de deux mois. Le professeur principal avait annoncé fin décembre que toute communication liée aux activités scolaires se ferait via MAX, car WhatsApp ne fonctionnait plus. Les enfants utilisent également MAX pour leurs échanges personnels.

Vilguelm, ingénieur de 32 ans, écarte toute crainte d'un isolement à la nord-coréenne, estimant que le poids international de la Russie et son rôle dans le commerce mondial empêchent un blocage total. Il juge cependant préoccupant que les autorités promeuvent "activement" MAX, qu'il trouve "trop alléchant", et teste des alternatives comme une application sud-coréenne.

Natalia Nikolaeva, 23 ans, craint que ces restrictions ne pénalisent les personnes âgées, qui ont du mal à s'adapter à de nouveaux outils de communication. Le régulateur russe a également imposé des restrictions sur Telegram, autre messagerie populaire, accusée de violer la loi russe. Telegram était déjà partiellement bloqué depuis janvier.

Des inquiétudes sur la surveillance

MAX, proposée par le géant russe VK, est moins populaire que WhatsApp. Elle se présente comme une super-application offrant des services administratifs et commerciaux, mais ne propose pas de cryptage de bout en bout, ce qui suscite des craintes de surveillance de la part d'avocats. L'été dernier, la Russie avait déjà interdit les appels sur Telegram et WhatsApp.

Ekaterina, actrice de 47 ans, a encore pu utiliser WhatsApp sans VPN et espère que la décision sera annulée. Vilguelm, quant à lui, se dit "curieux" de voir quelles alternatives s'imposeront, ajoutant avec ironie : "S'il le faut, j'utiliserai des pigeons voyageurs."

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