États-Unis : retrait de 5 000 soldats d'Allemagne, tensions avec l'Otan
Retrait américain de 5 000 soldats d'Allemagne

Les États-Unis ont annoncé le retrait de 5 000 soldats d'Allemagne, soit environ 12 % des effectifs stationnés sur place. Cette décision, confirmée par le Pentagone vendredi 1er mai, fait suite aux déclarations du chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait estimé que les États-Unis étaient « humiliés » par l'Iran. Interprétée comme une riposte cinglante de Donald Trump, cette mesure a surpris les alliés européens.

Une décision diplomatique controversée

Selon le New York Times, l'Allemagne aurait mal évalué la colère de la Maison Blanche envers l'Iran, déclenchant une tempête diplomatique. Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung ironise : « Quiconque s'oppose à Trump doit désormais s'attendre à être puni. » Un haut responsable du Pentagone, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a jugé les propos allemands « inappropriés et contre-productifs », ajoutant que le président avait raison de réagir.

Détails du retrait militaire

Le retrait devrait s'étaler sur six à douze mois. Une brigade de combat actuellement déployée en Allemagne sera rapatriée. Par ailleurs, un bataillon d'artillerie à longue portée, dont l'acheminement était prévu plus tard dans l'année sous l'administration Biden, ne sera finalement pas déployé. L'Allemagne reste le principal pôle militaire américain en Europe avec environ 35 000 soldats et 122 bases, héritage de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide.

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Un point d'appui stratégique menacé

Cette décision intervient alors que les tensions s'intensifient entre Washington et ses alliés de l'Otan, dans le contexte de la guerre en Iran. Donald Trump a également menacé de retirer des troupes d'Italie et d'Espagne, accusant ces pays de ne pas avoir soutenu les États-Unis depuis le début du conflit le 28 février. Selon des données officielles, l'Italie accueillait environ 12 662 soldats américains fin 2025, et l'Espagne 3 813.

Les experts soulignent que la présence américaine en Europe n'est pas un acte de charité. Comme le rappelle le ministre allemand des affaires étrangères Johann Wadephul, « les États-Unis ont besoin de ces bases ». Jeff Rathke, de l'Institut américano-allemand de l'Université Johns Hopkins, affirme dans The Guardian que ces déploiements sont un instrument de la puissance militaire mondiale des États-Unis. L'accord implicite : Washington contribue à la défense de l'Europe, qui fournit l'infrastructure nécessaire aux opérations américaines globales.

Des critiques internes

Même au sein du camp républicain, des voix s'élèvent. Don Bacon, représentant républicain, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Les deux grands aérodromes allemands nous offrent un accès privilégié à trois continents. Nous nous tirons une balle dans le pied. » La porte-parole de l'Otan, Allison Hart, a indiqué que l'Alliance travaillait avec Washington pour clarifier la décision, tout en appelant l'Europe à accroître ses dépenses de défense.

Conséquences économiques pour l'Allemagne

Au-delà du volet militaire, Berlin subit également des pressions économiques. Donald Trump a annoncé un relèvement des droits de douane sur les voitures et camions importés de l'Union européenne, ce qui pourrait réduire la production allemande d'environ 15 milliards d'euros, selon un institut économique cité par Reuters. Cette nouvelle pression accentue les tensions entre Berlin et Washington, fragilisant encore davantage les relations transatlantiques.

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