Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré ce samedi que la vengeance est « inévitable » après la mort de son père, tué dans des bombardements israélo-américains. Il s'exprimait pour la première fois depuis les funérailles de son père et prédécesseur, Ali Khamenei, inhumé jeudi.
Les propos de Mojtaba Khamenei
« Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres, versé par des assassins criminels et déshonorants », a écrit Mojtaba Khamenei, désigné en mars mais qui n'est pas apparu en public depuis. « Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s'accomplir, inévitablement. »
Il a ajouté : « Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit. »
Les menaces de Donald Trump
Vendredi, Donald Trump a accusé l'Iran de vouloir le faire assassiner, renouant avec son ton martial en promettant une nouvelle fois d'anéantir l'Iran. « Les ordres ont déjà été donnés, et l'armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d'un an, susceptible d'être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran », a écrit le président américain sur Truth Social.
Il a ajouté que « 1.000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d'Iran », avec « des milliers d'autres » à disposition. Les États-Unis ont frappé l'Iran deux nuits consécutives à partir de mardi après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. Selon le ministère iranien de la Santé, 17 Iraniens ont été tués et 115 blessés.
Les négociations en suspens
Si Washington affirme avoir visé des cibles militaires, Téhéran l'accuse d'avoir aussi touché des infrastructures civiles afin d'empêcher les Iraniens de se rendre aux obsèques de Khamenei. L'Iran a de son côté visé ses voisins du Golfe : le Koweït, où au moins une personne a été blessée, Bahreïn et le Qatar.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a prévenu que l'Iran riposterait « à toute attaque » contre ses infrastructures, y compris en s'en prenant à Israël.
Donald Trump a accepté de continuer les discussions, bien qu'il ait affirmé que le cessez-le-feu était « terminé ». Téhéran estime s'être tenu aux engagements pris le 17 juin, Abbas Araghchi écrivant sur X samedi que son pays avait « tenu parole ».
« Aucune négociation n'aura lieu tant que la partie américaine n'aura pas revu ses positions », a déclaré à l'agence de presse Fars une source proche des négociateurs iraniens, pour qui il faut notamment régler « la question du transit par le détroit [d'Ormuz] selon les modalités souhaitées par l'Iran ».



