L'épidémie d'Ebola se développe à une vitesse inquiétante en Afrique centrale. Plusieurs centaines de personnes sont contaminées selon un premier bilan, et le nombre de morts devrait encore augmenter. Depuis 1976, il s'agit de la dix-septième épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), mais celle-ci est particulièrement intense. Bien que cette épidémie ait été officiellement déclarée le 15 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que la maladie est déjà présente sur le territoire depuis « quelques mois » et se répand à grande vitesse.
Au moins 160 morts
Selon un bilan de l'Institut national de santé publique (INSP), au moins 160 personnes sont mortes à cause d'Ebola et 671 cas potentiels sont dénombrés. Cependant, ce décompte est probablement très loin de la réalité, car la région frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud est très densément peuplée. Selon un décompte de l'ONU en 2022, la province de l'Ituri, épicentre de la maladie, compte 6,6 millions d'habitants pour une superficie de 65 658 km². À titre de comparaison, la région de Nouvelle-Aquitaine a une superficie de 84 000 km² pour un nombre d'habitants estimé à 6,1 millions.
Le responsable adjoint des urgences pour Médecins sans frontières Suisse, Florent Uzzeni, est présent à Bunia, l'épicentre de la crise, en RDC. Dans une interview au journal Le Monde, il estime : « On en est au tout début, et le nombre de patients infectés et suspects est déjà démentiel. Jusqu'où cette épidémie va-t-elle s'étendre ? Combien de temps va-t-elle durer ? Personne ne peut le dire, mais on est très, très inquiets, car elle est massive. »
Un risque faible pour s'étendre au niveau mondial
Même si l'OMS estime que le risque d'une extension de l'épidémie dans le monde entier est faible, l'organisation tient à rappeler qu'il est probable qu'Ebola puisse s'installer dans l'Afrique centrale. C'est déjà un peu le cas, puisque l'épidémie a touché la région du Kivu, territoire divisé en deux entre la RDC et le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda. L'Ouganda est également touché : le pays a signalé deux cas suspects d'Ebola, des ressortissants congolais venus récemment de RDC, dont l'un est décédé, selon les autorités.
Un patient traité en Allemagne
Un ressortissant américain a également contracté le virus Ebola en RDC et a été hospitalisé dans une unité spécialisée de l'hôpital de la Charité à Berlin. D'après l'ONG chrétienne américaine Serge, le patient est un médecin missionnaire de l'organisation, Peter Stafford. Il a été « exposé (au virus) en traitant des patients à l'hôpital Nyankunde », dans l'est de la RDC, selon un communiqué.
De son côté, le gouvernement français s'est dit ce mardi 19 mai « très attentif » à l'épidémie d'Ebola et a annoncé avoir pris des « premières mesures de précaution » à Mayotte, bien que « le risque d'importation en France hexagonale » et dans l'archipel soit « très faible » à ce stade. Le virus Ebola a un taux de mortalité proche de 50 % selon l'OMS et il n'existe aucun vaccin ni traitement clinique contre la souche Bundibugyo du virus Ebola responsable de l'épidémie actuelle.



