La commémoration du 8-Mai 1945 à Nîmes a été marquée par un hommage aux victimes des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, organisé par l'association France-El Djazaïr. En présence du consul d'Algérie à Montpellier, Najib Boukhatem, du maire Vincent Bouget et de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région, plusieurs prises de parole ont rappelé la tragédie vécue en Algérie lors des manifestations nationalistes pour célébrer la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Une même date, deux réalités
Le président de France-El Djazaïr, Oucine Benchouyeb, a souligné le contraste entre la joie de la Libération en France et l'oppression en Algérie. À Sétif, la mort d'un manifestant algérien tué par la police a déclenché des émeutes, suivies d'une répression très violente menée par l'armée française pendant plusieurs semaines. Le bilan est lourd : 102 Européens tués, tandis que le nombre de victimes algériennes reste débattu, avec des estimations allant de 5 000 à 45 000 morts selon les sources.
"Ces victimes sont les pionniers de notre indépendance", a déclaré le consul algérien, évoquant "l'un des plus tragiques crimes d'État de l'époque contemporaine".
Des femmes au cœur des résistances
La journée s'est poursuivie avec une table ronde consacrée aux figures féminines de la résistance algérienne. Historiens, universitaires et témoins ont évoqué des héroïnes comme Fatima Yousfi, première pilote de ligne algérienne, Lalla Fatma N'Soumer, aux origines de la résistance féminine, ou encore Djamila Bouhired, militante du Front de libération nationale.
Après les discours, l'hymne algérien a retenti dans la salle, accompagné de youyous et d'applaudissements, avant des témoignages de plusieurs femmes devant un public attentif. Un moment d'échanges et un pot de l'amitié ont conclu cette journée mêlant émotion et transmission historique.



