L'administration Trump impose une condition majeure à la signature d'un accord de coopération nucléaire avec l'Arabie saoudite : la reconnaissance officielle de l'État d'Israël par Riyad. Selon des sources proches des négociations, cette exigence a été formulée directement par le président Donald Trump lors d'échanges avec des responsables saoudiens.
Un accord nucléaire sous conditions
L'accord en discussion, connu sous le nom de « 123 Agreement » en référence à la section 123 de la loi américaine sur l'énergie atomique, permettrait aux États-Unis de transférer des technologies et des matériaux nucléaires à l'Arabie saoudite. En échange, Riyad devrait renoncer à l'enrichissement d'uranium et au retraitement du combustible usé, des activités qui pourraient être détournées à des fins militaires. Cependant, la Maison-Blanche ajoute désormais une condition diplomatique : la normalisation des relations avec Israël.
Un haut responsable américain a déclaré sous couvert d'anonymat : « Le président est clair : tout accord nucléaire doit s'accompagner d'un pas significatif vers la paix et la reconnaissance d'Israël. » Cette position marque un durcissement par rapport aux négociations précédentes, qui n'incluaient pas de volet diplomatique aussi explicite.
Les enjeux pour l'Arabie saoudite
L'Arabie saoudite cherche depuis plusieurs années à développer un programme nucléaire civil pour diversifier ses sources d'énergie et réduire sa dépendance au pétrole. Le royaume prévoit de construire 16 réacteurs nucléaires d'ici 2040, pour un coût estimé à plus de 80 milliards de dollars. Cependant, Riyad insiste sur son droit à enrichir de l'uranium sur son sol, ce que les États-Unis refusent en raison des risques de prolifération.
La condition de reconnaissance d'Israël complique encore la donne. L'Arabie saoudite n'a jamais reconnu Israël et conditionne toute normalisation à la création d'un État palestinien. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré en septembre 2023 que « la normalisation avec Israël est proche », mais il a également réaffirmé le soutien de son pays à la cause palestinienne.
Réactions internationales
Israël a accueilli favorablement la position américaine. Le Premier ministre israélien a salué « une étape importante vers la paix régionale ». En revanche, les autorités palestiniennes ont dénoncé un « chantage politique » qui ignore leurs droits. L'Iran, voisin régional et rival de l'Arabie saoudite, a qualifié cette initiative de « dangereuse » et a promis de renforcer son propre programme nucléaire.
Les experts estiment que cette condition pourrait ralentir les négociations, déjà complexes. Selon un analyste du Center for Strategic and International Studies, « la reconnaissance d'Israël est un prix très élevé pour Riyad, qui pourrait préférer se tourner vers d'autres partenaires comme la Chine ou la Russie pour son nucléaire civil. » En effet, Pékin a déjà proposé une coopération nucléaire à l'Arabie saoudite sans conditions politiques.
Quel avenir pour les négociations ?
Les discussions entre Washington et Riyad se poursuivent, mais l'exigence de Trump pourrait constituer un point de blocage. L'administration américaine espère conclure un accord avant la fin de l'année, mais la pression diplomatique s'intensifie. Si l'Arabie saoudite acceptait de reconnaître Israël, cela représenterait un bouleversement géopolitique majeur au Moyen-Orient.



