Nucléaire : le réchauffement climatique contrarie déjà la relance
Nucléaire : le climat contrarie déjà la relance

Le réchauffement climatique contrarie déjà la relance du nucléaire en France. Des fleuves trop chauds ou à sec, des méduses qui obstruent les prises d'eau : les centrales doivent parfois réduire leur production, selon un rapport de la Cour des comptes publié mercredi 21 août.

Des baisses de production déjà observées

Le rapport de la Cour des comptes, intitulé « La filière nucléaire à l'épreuve du changement climatique », indique que les épisodes de sécheresse et de canicule ont déjà entraîné des réductions de puissance ou des arrêts temporaires de réacteurs. En 2022, la production nucléaire a chuté à son plus bas niveau depuis 30 ans, en partie à cause de la sécheresse historique qui a touché la France.

Les centrales nucléaires utilisent l'eau des fleuves pour refroidir leurs réacteurs. Lorsque la température de l'eau dépasse un certain seuil, ou que son débit est trop faible, les exploitants doivent réduire la production pour respecter les normes environnementales. En 2022, EDF a dû réduire la production de plusieurs réacteurs, notamment à Saint-Alban (Isère) et au Tricastin (Drôme), en raison de la canicule.

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Des menaces supplémentaires : méduses et algues

Le rapport souligne également que les méduses et les algues peuvent obstruer les systèmes de refroidissement. En 2023, la centrale de Gravelines (Nord) a dû réduire sa production à cause d'une invasion de méduses. Ces phénomènes, qui devraient se multiplier avec le réchauffement, constituent une menace supplémentaire pour la production électrique.

La Cour des comptes recommande d'anticiper ces risques dans la conception des futurs réacteurs EPR2, prévus pour remplacer le parc existant. Elle suggère notamment de diversifier les sources de refroidissement et de renforcer les systèmes de filtration. Le rapport appelle aussi à une meilleure coordination entre les gestionnaires de réseaux et les autorités environnementales pour gérer les périodes de tension.

Un enjeu pour la relance du nucléaire

Ces constats interviennent alors que le gouvernement prévoit la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 d'ici 2035. Le président Emmanuel Macron a annoncé en 2022 une « relance du nucléaire » pour répondre aux objectifs de décarbonation. Cependant, le changement climatique pourrait réduire la disponibilité de ces futurs réacteurs, selon le rapport.

La Cour des comptes estime que les coûts de la filière nucléaire pourraient augmenter de 10 à 20 % en raison des mesures d'adaptation nécessaires. Le rapport recommande également d'intégrer ces risques dans la programmation pluriannuelle de l'énergie. La filière nucléaire doit donc s'adapter à un climat plus chaud, avec des étés plus secs et des fleuves moins abondants.

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