Exercice de sécurité nucléaire à Toulon : simulation d'un accident sur un sous-marin militaire
Les 1er et 2 avril 2026, la ville de Toulon sera le théâtre d'un exercice national de sécurité nucléaire d'envergure. Baptisé « PPI 2026 », cet événement vise à simuler, en conditions réelles, un accident sur un sous-marin militaire d'attaque, pouvant entraîner un rejet radioactif dans l'atmosphère. Organisé conjointement par la préfecture du Var, la préfecture maritime de la Méditerranée et l'Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND), il mobilisera des centaines de civils et militaires de la base navale.
Le risque nucléaire à Toulon : une réalité à anticiper
Le port militaire de Toulon accueille 70 % de la flotte de la Marine nationale, incluant six sous-marins d'attaque (SNA) et le porte-avions Charles de Gaulle. Ces navires sont propulsés par des chaufferies nucléaires, bien que moins puissantes que les réacteurs de centrales, elles restent une technologie sensible. À ce jour, aucun accident nucléaire n'a été recensé, mais le principe de précaution s'impose. La population environnante, notamment près de la zone Missiessy, n'a jamais été exposée à la radioactivité, mais les autorités rappellent que le risque zéro n'existe pas.
Pourquoi un exercice « PPI » est-il nécessaire ?
Le Plan particulier d'intervention (PPI) structure l'organisation des secours en cas d'incident majeur. Simon Babre, préfet du Var, souligne que en matière de sécurité nucléaire, l'improvisation n'a pas sa place. Cet exercice permet de tester la chaîne d'alerte, la coordination entre militaires et civils, et d'éduquer la population aux gestes de sécurité. Suite à la catastrophe de Fukushima en 2011, le PPI a été étendu aux communes d'Ollioules et de Saint-Mandrier, renforçant ainsi la préparation locale.
Scénario de l'exercice : un accident à probabilité faible mais réaliste
Le scénario, gardé secret pour assurer un réalisme optimal, simule une brèche sur le circuit primaire d'un SNA, suivie de défaillances successives menant à un panache radioactif. Francis Frank de l'ASND et le vice-amiral Christophe Lucas, préfet maritime, insistent sur la faible probabilité de ce scénario, mais l'importance de s'y préparer. L'exercice inclura même des simulations de pressions médiatiques et sociétales pour coller à la réalité.
Déroulement concret : deux jours d'entraînement intensif
Le premier jour, les moyens du port militaire et 250 à 300 marins seront mobilisés pour gérer un accident à cinétique lente, testant le Plan d'urgence interne (PUI) de la Marine. Le deuxième jour, l'État vérifiera les procédures civiles : sirènes d'alerte, messages FR-Alert sur téléphones, et opérations localisées à La Seyne, comme la mise en sécurité d'écoliers et des tests de décontamination.
Que faire en cas d'accident radiologique ?
Les consignes sont claires : dans un rayon de 2 km, il faut se mettre à l'abri dans un bâtiment en dur et se tenir informé. Dans un rayon de 5 km, incluant Toulon, Saint-Mandrier, La Seyne et Ollioules, la priorité est de rester informé en attendant d'éventuelles pastilles d'iode. Trois millions de ces médicaments sont disponibles gratuitement en pharmacie, mais ne seront pas ingérés lors de l'exercice.



