Anciens cadres du Blayais interpellent les candidats municipaux sur les réacteurs EPR2
Dans une lettre ouverte, une centaine d'anciens cadres de la centrale nucléaire du Blayais demande aux candidats aux élections municipales de se positionner clairement sur le projet d'arrivée des réacteurs EPR2. Pour ou contre ? Voilà, en grossissant le trait, la question que posent les signataires de cette missive, adressée aux différents candidats municipaux concernant une éventuelle implantation des réacteurs EPR2 sur le site.
Un choix déterminant pour la Haute-Gironde
« Pour la Haute-Gironde, il s'agit d'un choix déterminant pour les décennies à venir. Notre territoire traverse une période d'incertitude : crise viticole persistante, interrogations des jeunes actifs sur leur avenir, recherche de nouvelles ressources pour nos communes. Or, l'implantation de réacteurs EPR2 représenterait une opportunité industrielle majeure : des milliers d'emplois pendant la construction, une activité pérenne, des retombées fiscales significatives et le maintien de compétences techniques de haut niveau », écrivent-ils en substance.
La nécessité d'une mobilisation claire
Alain Desgranges, fondateur du comité de suivi du projet et signataire de la lettre, revient sur cette initiative. « Il y avait un besoin de visibilité de notre démarche pour soutenir l'arrivée des EPR2. Au départ, ce sont d'anciens cadres de la centrale habitant en Haute-Gironde qui se sont constitués en collectif pour informer et tenter de mobiliser les élus sur cette question. Aujourd'hui, cette mobilisation existe mais le site de Golfech est plus soutenu que celui du Blayais, notamment par trois conseils départementaux (Tarn-et-Garonne, Gers et Lot-et-Garonne), la Région Occitanie et Toulouse Métropole. C'est pourquoi, à l'occasion de ces élections municipales, nous avons décidé d'interpeller les candidats en leur demandant de s'engager clairement. Nous avons envoyé cette lettre aux quatre présidents des communautés de communes en leur demandant de la relayer. »
Les atouts et faiblesses du site de Braud-et-Saint-Louis
Dans cette course, quels sont les atouts de la centrale de Braud-et-Saint-Louis ? « C'est un site exceptionnel au bord du plus grand estuaire d'Europe qui peut fournir de l'eau en abondance pour refroidir les installations. Les opposants évoquent la submersion de 1999 mais, depuis, des précautions ont été prises, en particulier en rehaussant la digue de plusieurs mètres. La centrale se trouve, d'autre part, à un carrefour du réseau électrique permettant des échanges avec l'Espagne et les éoliennes en mer prévues du côté du Pays nantais. Il y a aussi ce projet de data center à Bordeaux qui va avoir besoin d'une forte production d'électricité en continu. C'est une aubaine pour EDF qui ne sait jamais quoi faire de ses surplus de production. Enfin, il y a aussi cette mobilisation du territoire et une culture industrielle bien ancrée et habituée aux exigences de sécurité. »
Et quelles sont ses faiblesses ou les choses à améliorer ? « EDF attend une mobilisation exemplaire. Dans ce sens, il faut aussi essayer de mobiliser au-delà de notre territoire, le soutien de Limoges Métropole est un bon exemple. La faiblesse tient principalement dans les routes d'accès (inondées l'hiver, NDLR). C'est le Département qui a la compétence des routes mais on peut supposer solliciter EDF pour contribuer à améliorer ces voies. Et puis dans le comité stratégique d'accompagnement, un groupe de travail a été mis en place sur cette question pour la mise en œuvre de solutions. »
Une décision attendue fin 2026
Rappelez-nous quand doit être prise la décision par rapport aux EPR2. « C'est l'État qui décidera à la fin de cette année 2026 à la suite d'une étude technique qui, encore une fois, ne sera dévoilée qu'à ce moment-là. C'est donc aujourd'hui qu'il faut prendre position. »



