Donald Trump souffle une nouvelle fois le chaud et le froid sur le dossier iranien. Lundi 18 mai, le président américain a annoncé avoir suspendu une attaque prévue contre l’Iran afin de laisser une opportunité aux négociations diplomatiques, tout en assurant que l’armée américaine restait prête à mener une « attaque à grande échelle » si les discussions échouaient. Quelques heures plus tard, depuis la Maison-Blanche, il a affirmé devant des journalistes qu’il existait de « très grandes chances » de parvenir à un accord avec Téhéran pour empêcher le pays de développer l’arme nucléaire.
« Si nous pouvons y arriver sans les bombarder violemment, je serai très content », a assuré Donald Trump. Cette suspension provisoire intervient après des demandes formulées par plusieurs dirigeants du Moyen-Orient. Sur Truth Social, le président américain a affirmé que l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed Al Nahyan lui avaient demandé de prolonger les négociations en cours, et a évoqué des « discussions sérieuses » autour d’un accord de paix.
Un conflit aux déclarations contradictoires
Donald Trump a ensuite précisé que ces dirigeants lui avaient demandé de reporter toute attaque de « deux ou trois jours ». Une décision annoncée près de six semaines après l’entrée en vigueur d’une trêve avec Téhéran, dans un conflit déclenché par les bombardements américano-israéliens du 28 février. Depuis le début de la guerre, le président américain multiplie déclarations contradictoires et menaces à l’égard de l’Iran. Le mois dernier, lors d’une allocution à la nation, il assurait que le conflit était « sur le point d’être terminé ». Mais les jours suivants, le ton s’est de nouveau durci. Dimanche encore, Donald Trump avertissait que « le temps presse » pour conclure un accord, faute de quoi l’Iran s’exposerait à une reprise de la campagne militaire suspendue depuis avril.
Dans une interview publiée lundi par le New York Post, il a également affirmé que Téhéran savait « ce qui allait bientôt se passer », sans donner davantage de précisions. Pourtant, aucune attaque imminente n’avait été annoncée publiquement auparavant. Reuters indique d’ailleurs ne pas avoir été en mesure de confirmer si des préparatifs militaires concrets avaient été engagés.
Des négociations diplomatiques difficiles
En parallèle, les discussions diplomatiques se poursuivent difficilement. Lundi matin, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que Téhéran avait transmis une nouvelle proposition à Washington par l’intermédiaire du Pakistan, qui joue un rôle de médiateur entre les deux camps. Une source pakistanaise a confirmé qu’une proposition avait bien été relayée par Islamabad, tout en soulignant la fragilité des négociations : « Les deux camps bougent sans cesse les lignes ».
Les désaccords restent particulièrement importants sur la question de l’enrichissement d’uranium. Selon un diplomate proche des discussions, une première proposition américaine prévoyait d’interdire à l’Iran d’enrichir de l’uranium pendant vingt-cinq ans. Une seconde version ramenait cette durée à vingt ans. Les deux offres ont été rejetées par Téhéran. Face aux hésitations américaines, l’Iran maintient également la pression. Après les premiers commentaires de Donald Trump lundi, l’état-major iranien a assuré être « prêt à appuyer sur la gâchette » en cas de nouvelle attaque américaine, selon l’agence Tasnim.
Un conflit politiquement coûteux pour Trump
Cette séquence reflète aussi l’empressement du président américain à sortir d’un conflit devenu politiquement coûteux. Comme le souligne CNN, la guerre, qui dure depuis trois mois, a contribué à faire grimper les prix de l’essence aux États-Unis et à fragiliser la popularité de Donald Trump, déjà confronté aux critiques sur la situation économique du pays.



