La Commission européenne a tiré la sonnette d'alarme, jeudi 21 mai, dans ses prévisions économiques de printemps, en voyant « le piège de la stagflation se refermer sur l'Europe ». L'institution basée à Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro, tout en augmentant ses estimations d'inflation, en raison notamment du conflit au Moyen-Orient qui perturbe les chaînes d'approvisionnement et fait flamber les prix de l'énergie.
Des prévisions de croissance revues à la baisse
Selon la Commission, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro devrait croître de seulement 0,8 % en 2026, contre 1,2 % anticipé en février. Pour 2027, la croissance est attendue à 1,4 %, soit 0,3 point de moins que précédemment. Cette révision à la baisse s'explique par le ralentissement de l'économie mondiale, la persistance d'une inflation élevée et l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les échanges commerciaux.
L'inflation, principal facteur de risque
L'inflation dans la zone euro est désormais prévue à 3,5 % en 2026, contre 2,5 % lors des précédentes prévisions. Pour 2027, elle atteindrait 2,8 %, bien au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE). La Commission souligne que les prix de l'énergie et des matières premières ont augmenté de manière significative, alimentés par les tensions géopolitiques.
Le conflit au Moyen-Orient, un catalyseur
Le conflit au Moyen-Orient est identifié comme un facteur clé de cette détérioration. Les perturbations des routes maritimes en mer Rouge et les craintes d'une escalade ont entraîné une hausse des coûts de transport et une volatilité accrue des marchés de l'énergie. La Commission note que les effets pourraient s'aggraver si le conflit s'étendait à d'autres régions productrices de pétrole.
Des disparités entre États membres
Les perspectives varient selon les pays. L'Allemagne, première économie européenne, devrait connaître une croissance atone de 0,5 % en 2026, tandis que la France afficherait 0,9 %. L'Espagne et l'Italie sont également touchées, avec des prévisions revues à la baisse. La Commission appelle à des réformes structurelles et à une coordination budgétaire pour faire face à ces défis.
Réactions des marchés et des analystes
Les marchés financiers ont réagi négativement aux annonces, avec une baisse des indices boursiers européens. Les analystes estiment que la BCE pourrait être contrainte de maintenir des taux d'intérêt élevés plus longtemps, ce qui pèserait sur l'investissement et la consommation. Certains économistes jugent que l'Europe risque une récession si les tensions géopolitiques persistent.
Les mesures envisagées par l'Union européenne
La Commission a réaffirmé son engagement à soutenir l'économie via des investissements dans la transition verte et numérique. Elle prévoit également de renforcer la sécurité énergétique en diversifiant les sources d'approvisionnement et en accélérant le déploiement des énergies renouvelables. Des discussions sont en cours pour un nouveau mécanisme de solidarité afin d'aider les États membres les plus vulnérables.
En conclusion, l'Europe fait face à un double défi : une croissance faible et une inflation élevée, exacerbées par des facteurs externes. La Commission appelle à une action rapide et coordonnée pour éviter que la stagflation ne s'installe durablement.



